« DFDS Seaways » France : retour sur le rapprochement DFDS-Ld Lines

par Pierre Castetz

C’est dans un marché du transport transmanche très concurrentiel, partagé depuis la Manche Ouest jusqu’au Nord Pas-de-Calais entre «My Ferry Link», «P&O», «Brittany Ferries» et «LD Lines-DFDS», que la nouvelle entité DFDS Seaways SAS, filiale française de l’armateur Danois DFDS, a vu le jour le 31 mars 2013.

Cette nouvelle structure, dont le siège social est à Dieppe, est l’aboutissement d’un processus relativement long de rapprochement entre l’armateur nordique et l’armement dieppois Louis Dreyfus Transmanche Ferries LDTF, débuté sous la forme d’un consortium de ligne en novembre 2011 sur la ligne Dunkerque-Douvres, et qui verra la disparition progressive des services et marques opérés par LD lines ou gérés par l’Armement Louis Dreyfus Transmanche Ferries.

Le 25 septembre 2012 fut créée une nouvelle structure baptisée NCH (New Channel Holding), détenue à 82 % par DFDS et à 18% par LD Lines. Cette holding détient 100% des parts de l’ancienne entreprise Louis Dreyfus Transmanche Ferries.

A l’instar des lignes déjà opérées par DFDS sur les liaisons Calais-Douvres et Calais-Dunkerque, «DFDS Seaways France», société de droit Français, sera administrée par la société britannique NCC As ( The New Channel Company).

L’accord scellé entre les deux armateurs n’englobe pas le service franco-espagnol d’autoroute de la mer, ouvert depuis 2010 entre Nantes-Montoir et Gijon, qui reste géré par le Groupe Louis Dreyfus Armateurs ; cependant DFDS Seaways n’exclut pas des perspectives d’ouverture de ligne en Méditerranée dans un proche avenir.

Le rapprochement ainsi créé entre DFDS et LD Lines, qui sera commercialisé sous le nom de «DFDS Seaways France», permettra un accroissement considérable de l’offre proposée aux clients fret et passagers. Les deux entreprises contribuant chacune en apportant son réseau de clients, ce joint venture est destiné à augmenter leur compétitivité et à proposer un service de transport très complet, via le puissant réseau Européeen «DFDS Logistics».

A cette occasion, Christophe Santoni, à la Direction Générale de LD Lines depuis octobre 2003, a quitté cet Armement, et a été remplacé par Jean-Claude Charlo, ancien Directeur Financier au sein du groupe LDA. La nouvelle entité sera présidée par Peter Kramp, depuis le siège de Dieppe.

En plus des trois navires de la série des «D-Type» sous pavillon anglais, opérant sur la ligne Dunkerque-Douvres (M/V Dunkerque Seaways, M/V Dover Seaways et M/V Delft Seaways), la nouvelle structure arme et gère sur le plan technique cinq navires sous pavillon français premier registre : le Dieppe Seaways (ex SeaFrance Molière, affrété), le Calais Seaways (ex-Norman Spirit,  en propriété), le Norman Voyager (affrété), et les deux navires appartenant au Conseil Général de Seine-Maritime dans la cadre de la délégation de service public débutée en 2007 : le Côte d’Albâtre et le Seven Sisters.

Le rapprochement récent de ces deux entreprises et le développement qu’on leur connait, profitant de la cessation d’activité ordonnée par les tribunaux de l’historique opérateur SeaFance en janvier 2012, est un exemple très encourageant, plaidant en faveur du pavillon français et lançant un signe fort et favorable à l’emploi, à l’heure où bon nombre d’armateurs se voient contraints de quitter le pavillon français ou de diminuer leur capacité.

«DFDS Seaways FRANCE » emploie aujourd’hui 575 navigants et 170 sédentaires, dont 275 sont d’anciens salariés de SeaFrance, maintenant intégrés au sein du groupe depuis un peu plus d’un an.

 

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