Entretien avec Guireg Capitaine, cofondateur de Smart Sailors

Vous êtes à l’origine de Smart Sailors, une application pour le monde maritime : pouvez-vous vous présenter votre application et nous expliquer votre parcours et ce qui vous a conduit à élaborer ce projet ?  

Chez Smart Sailors, nous avons créé l’appli web et mobile la plus simple pour faciliter la gestion de la maintenance des navires.  

L’idée est venue de mon frère Tangi Capitaine, commandant depuis une dizaine d’années dans différents secteurs d’activités. Dans ses différentes expériences, il constatait que les équipages s’échangeaient des fichiers Excel pour gérer leur maintenance ou leur ISM parce que la GMAO à bord était trop compliquée ou inexistante.  

Les fichiers Excel se perdaient, n’étaient pas à jour ou entraînaient des doubles saisies; le directeur technique croulait sous les rapports papier sur son bureau. Il y avait beaucoup de frustration et d’inefficacité qu’il souhaitait résoudre avec un petit outil pratique.  

Il m’a donc appelé en 2016 avec cette idée, à l’époque je travaillais à Montréal comme consultant en cyber sécurité pour des grands groupes financiers et des institutions gouvernementales.  

J’avais envie de changement : je l’ai rejoint à Marseille pour commencer à coder notre première version. Janvier 2017, le premier prototype était disponible et nous avions déjà deux clients marseillais trois semaines plus tard. 

Guirec Capitaine ©Smart Saillors

Colomban Monnier ©Smart Sailors

 

 

 

 

 

 

Quel est votre positionnement par rapport aux GMAOs dites « classiques » ? 

Nous sommes complètement orientés vers l’utilisateur final : le chef mécanicien, le capitaine et le directeur technique. Pour ces personnes, nous faisons l’outil le plus naturel à utiliser, comme vous pourriez utiliser Google ou LinkedIn.  

Quelqu’un vous a déjà expliqué le fonctionnement et la plus-value de LinkedIn sur une présentation PowerPoint ? Non, tout le monde l’utilise naturellement parce que l’outil est simple, intuitif et son intérêt est compris de tous. 

 Nous voulons faire exactement la même chose pour la gestion de maintenance des navires. 

 Dernier détail, nous assurons un support utilisateur en quasi temps réel par messagerie instantanée. Notre équipe est composée d’officiers qui répondent aux sollicitations des utilisateurs. Cela permet aux marins d’avoir une hotline avec une réelle connaissance de leur métier et de leur quotidien.  

Le rapport qu’ils ont au support utilisateur n’est plus le même par rapport à un support technique purement informatique. Et ça, je pense que nous sommes les seuls à le faire actuellement…

Les services portuaires comme le pilotage en sont équipés, est-ce votre cible uniquement ou avez-vous des projections de développement ?

Nous équipons des compagnies maritimes de tous domaines (services portuaires, offshore, transports de passagers, fluvial, plongée, etc…) avec des navires de toutes tailles (de 8 mètres à 120 mètres), sur cinq fuseaux horaires. 

Récemment, nous nous sommes lancés dans la pêche ! Nous étions au salon ITECHMER pour faire découvrir nos solutions. Nous avons été agréablement surpris par l’accueil chaleureux que les gens de la pêche nous ont réservé. 

Nous avons aussi le plaisir d’équiper des projets lancés par des hydros comme Plastic Odyssey et d’intérêt public comme Tara Expedition. 

Ce n’est pas un secteur qui est concerné, c’est une génération. Il y a une réelle demande aujourd’hui pour une app simple de la part des directeurs techniques et des navigants qui ont l’habitude d’utiliser quotidiennement leur smartphone. 

L’équipe Smart Sailors ©Smart Sailors

Combien êtes-vous dans la société maintenant ? 

Nous sommes actuellement sept salariés à temps plein et nous embauchons quatre nouvelles personnes dans les prochains mois dont un mar-mar. 

L’entreprise grossit vite, nous rentrons entre trois et quatre navires par semaine sur notre plateforme. Nous commençons aussi à nous développer en Afrique de l’Ouest et au Canada. 

Nous avons besoin de quatre personnes talentueuses pour que l’entreprise réussisse à grossir à l’international en conservant son ADN maritime.

Découvrez la suite de cet interview publié dans le numéro 251 de Jeune Marine en cliquant ci-dessous

Interview

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