HZS HOGERE ZEEVAARTSCHOOL ou l’École supérieure de navigation d’Anvers


Le projet d’établissement de l’ENSM en cours d’élaboration et présenté au CA le 13 mai 2013, fait référence à l’École d’Anvers qui accueille de nombreux Français au sein des sections francophones suivant les  formations monovalentes dispensées. Nous sommes allés à la rencontre de cette institution anversoise et de ses élèves.

Unique école supérieure de navigation en Belgique, l’école est divisée en deux sections : la section néerlandaise compte 359 étudiants, la section française 323, donc au total 682 étudiants (11 % sont des filles) fréquentent l’établissement. Les cours sont dispensés en néerlandais, français et majoritairement en anglais. Environ 40 % des élèves sont des étudiants étrangers, originaires d’une vingtaine de pays. L’École supérieure de navigation propose deux formations monovalentes permettant d’obtenir le certificat STCW 95 officier machine illimité, ou STCW 95 officier pont et à l’issue du second cycle le brevet de capitaine au long cours.

La formation pont comporte deux cycles:

— un premier cycle de trois années, l’étudiant obtient le diplôme de bachelor en sciences nautiques correspondant au STCW 95 officier pont

— un deuxième cycle d’une année, l’étudiant obtient le diplôme de master en sciences nautiques.

Une année de navigation comme élève officier et la soutenance finale d’un mémoire permettent d’obtenir le brevet de capitaine illimité.

La formation machine consiste en un cycle de trois années et conduit au diplôme de bachelor en mécanique navale correspondant au STCW 95 officier machine puissance illimitée.

Il n’y a pas de sélection à l’entrée. Il suffit de justifier d’un diplôme niveau baccalauréat pour les Français. La sélection se fait ensuite de façon « naturelle et sans états d’âme ». Pour passer dans l’année supérieure, l’étudiant doit avoir 10 de moyenne dans toutes les matières de l’année en cours. Le système se complique quand l’élève n’a pas 10 dans un ou plusieurs modules. En fonction des matières, il peut être autorisé à suivre les cours de l’année supérieure, à condition de valider ensuite la matière où il avait moins de 10. Au final, vous n’avez le droit de passer le même module que 3 fois. En cas d’échec, l’école vous renvoie.

Dans les faits, la sélection est très forte. Actuellement en troisième année de la section pont francophone, seuls sept élèves sur les 120 francophones de la première année correspondante ont réuni tous les modules sans redoubler. Sur ces 120, environ 60 % ont abandonné entre la première et seconde année.

En machine, les effectifs sont réduits. Sur les 18 francophones en première année l’année dernière, seulement 10 sont en seconde année.

Le principal facteur discriminant est l’anglais. Les Flamands ont un très bon niveau alors que les francophones et plus particulièrement les Français sont faibles. L’anglais est à l’origine de la majorité des redoublements et des abandons des étudiants français. Les cours scientifiques sont généralement en français, et toutes les matières de navigation en anglais. En section machine, l’anglais est plus utilisé dans toutes les matières.

La formation est très académique, dispensée par un corps enseignant comprenant environ 50 % d’anciens navigants. En sciences nautiques (pont) beaucoup de mathématiques et de physique les deux premières années afin de justifier du titre d’ingénieur à la sortie. L’école dispose de nombreux ateliers et simulateurs : soudure, tours, PC machine, navigation, etc. Un centre d’entraînement sécurité est aménagé sur place autour d’un lac. La formation aux transports du gaz et aux chimiquiers y est particulièrement poussée.

Contrairement aux étudiants de l’ENSM en France, la formation belge demeure presque exclusivement théorique. Il n’y a pas d’embarquement pendant les études. Depuis 2005, l’école affrète un mois par an le voilier-école polonais Dar Mlodziezy pour embarquer l’ensemble des élèves de première année toutes sections confondues pour une croisière-école. Cette année, le voilier a fait escale à Porto, au Portugal, et à Cork en Irlande. Les élèves peuvent toujours profiter des vacances pour essayer d’embarquer. Cela reste une démarche personnelle. Afin de faciliter l’obtention des brevets STCW 95, les temps passés aux simulateurs, ateliers, salle de carte, etc. sont comptés comme temps de navigation.

La vie des élèves est semblable à celle des Hydros. Seul le port de l’uniforme obligatoire pour les cours et les examens marque visuellement la différence. Un bureau des élèves baptisé « Argonaut » anime la vie étudiante de l’école, avec le baptême de promotion, la nuit de l’école, les tournois sportifs, etc. Les étudiants logent en dehors de l’école.

L’école supérieure de navigation d’Anvers a une ouverture internationale importante qui motive les nouveaux élèves. Elle bénéficie du réseau ERASMUS, qui permet à certains étudiants d’aller suivre une année d’études, dans l’une des 13 universités ou écoles partenaires en Espagne, Irlande, Norvège, Finlande, Lettonie ou Croatie. Des accords de coopération existent avec Dubaï, le Surinam ou le Cambodge. La partie recherche bénéficie d’accords avec les grandes compagnies de navigation belges et les industriels anversois. Elle concerne les travaux des professeurs et de quelques élèves qui, à la suite du master, prolongent leurs études pour soutenir une thèse de recherche académique.

Les débouchés sont majoritairement des embarquements à bord des navires contrôlés par les armateurs belges pour les Flamands, et à l’international pour les francophones. Les officiers machine trouvent facilement leur premier embarquement. Les officiers pont ont beaucoup plus de mal, en raison de la situation économique de la marine marchande européenne.

Au lieu de vouloir créer à l’ENSM du Havre un cursus international court (3 ans) d’enseignement maritime monovalent (Pont et/ou Machine) exclusivement en langue anglaise, dont le but est de récupérer en amont les Français qui choisissent Anvers, ne faudrait-il pas proposer une passerelle aux diplômés de l’école d’Anvers pour rejoindre la filière polyvalente après la 3éme année. C’est une solution plus rationnelle et surtout bien plus économique.

Lien internet : http://www.hzs.be/html_FR/nieuws_main.php

 

L’exemple chinois : le Tianjin Maritime Collège ou les formations à la chaîne…

 

Parmi les pays émergeants, voici l’école maritime de Tianjin en Chine.

Installée depuis 2011 dans de nouveaux locaux pouvant accueillir 6000 étudiants, le Tianjin Maritime Collège forme actuellement plus de 800 futurs marins par an. Le corps enseignant est constitué d’une majorité d’anciens commandants et chef mécaniciens. La formation est dispensée en mandarin dans la majorité des matières enseignées, juste au niveau minimum des standards STCW. Un effort particulier est actuellement en cours pour élever le niveau d’anglais. Le cursus comprend 400 heures de cours d’anglais sur 3 ans. Ce n’est pas encore suffisant pour atteindre le niveau du TOEIC ou du TOEFL. Les brevets délivrés ne sont donc pas reconnus STCW 95. Les autorités maritimes chinoises travaillent actuellement à l’harmonisation des diplômes d’officiers délivrés en Chine, afin de les rendre compatibles avec les standards internationaux. Cela devrait aller très vite. Déjà, certaines compagnies de croisière comme Royal Caribbean, Costa ou Star Cruise ont signé des accords  avec le Tianjin Maritime Collège, pour recruter les équipages des paquebots affectés à la zone Asie-Pacifique dont la clientèle est de plus en plus chinoise.

Lien internet pour les pratiquants du mandarin : http://www.youtube.com/watch?v=4TD68lW09yo

 

 

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