NAVIGATION DANS LES GLACES: Navigation hivernale en mer Baltique LES CONVOIS

par Sophie Galvagnon

Lorsque la capacité du navire ne lui permet plus d’évoluer à travers les glaces de manière indépendante, l’assistance par brise-glace devient nécessaire. C’est dans le but d’optimiser au maximum ce service et de conserver une fluidité du trafic optimale que « le convoi » sera le type d’assistance prioritairement utilisé. Cet article présente les principes de constitution d’un convoi et illustre certaines règles de conduite du navire lors de la navigation en convoi.

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L’assistance par brise-glace devient un convoi dès lors qu’au moins deux navires sont assistés en même temps. On trouve :
• Des convois simples : un groupe de navires escortés par un brise-glace.
• Des convois complexes : un groupe de navires assistés par plusieurs brise-glaces.

Un convoi complexe peut être constitué de plusieurs convois simples effectuant une même route. Le point de rencontre en vue de la formation du convoi est établi par le capitaine du brise-glace qui choisit un endroit :
• En fonction de la météo, • À l’abri de glaces à la dérive et de surface assez grande pour rassembler tous les navires,
• Proche de la position du brise-glace.
Le brise-glace est à l’avant du convoi créant une voie d’accès dans la glace que les autres navires suivront. C’est lui qui donnera les instructions à suivre ainsi que la conduite à tenir aux navires sur
un canal VHF dédié au convoi. Lors de convois complexes (assistance par plusieurs brise-glace), le premier brise-glace assure toujours le rôle de meneur, les autres briseglaces empruntent la même route et permettent de casser la nouvelle couche de glace se formant sur le chenal et de l’empêcher de se refermer. On trouve au maximum trois navires assistés entre chaque brise-glace. Dans ce type de convoi, c’est le brise-glace en tête qui décide de l’ordre des navires du convoi.

Il arrive souvent que la voie d’accès créée par le brise-glace soit plus étroite que la largeur de navire assisté. Lorsque cette largeur diffère de quelque mètres seulement la glace cèdera quand même lors du passage du navire assisté ; si la largeur de celui-ci est nettement supérieure à celle du brise-glace, il arrive que deux briseglace travaillent en parallèle afin d’élargir le chenal
(plus récemment certains brise-glace ont été construits de manière à pouvoir naviguer en biais leur permettant de s’affranchir du problème). Quel que soit le type de convoi, c’est donc toujours le brise-glace qui est en tête qui décide de l’ordre de passage des navires au sein du convoi. Cet ordre est établi selon deux principes :
• Les navires sont classés du moins large à l’avant au plus large à l’arrière de manière à empêcher le chenal de se resserrer et de rendre le passage aux navires en aval impossible.
• Le navire situé en fin de convoi rencontrera des conditions plus difficiles que les autres et sera donc choisi en fonction de l’expérience dans les glaces du capitaine, de la ice class et de la puissance
de propulsion.
La vitesse de transit pour les navires du convoi est définie par le brise-glace au point de rencontre mais n’excède jamais les 14 noeuds. Le brise-glace transmet également la distance minimum à conserver entre chaque navire. Cette distance dépend de la qualité de la glace présente dans la zone de navigation. Si la glace est récente et fragile la distance sera plus grande que si elle
est plus ancienne est plus épaisse (en moyenne 0,5 M entre chaque navire).
Les navires du convoi doivent surveiller les distances et vitesses des navires qui sont devant et derrière lui. S’il y a quelque doute que ce soit sur l’évolution de ces deux critères il doit prendre
contact avec l’autre navire sur le canal commun au convoi et l’informer de son inquiétude.
Tout changement de vitesse ainsi que sa cause doit être signalé sur le canal commun de manière à éviter un rapprochement anormal entre navires et, par la même, toute collision. L’officier de quart
doit porter une attention particulière à l’évolution des distances et vitesses des autres navires (brise-glace ou membres du convoi) afin de pouvoir réagir très rapidement en cas de rapprochement
intempestif.
Lors du transit, le brise-glace crée un chenal en évitant autant que possible les changements de cap et les variations de vitesse. Tout changement de distance à respecter entre deux navires sera
communiqué par le brise-glace. Il en sera de même pour les changements importants de cap (supérieurs à 10°) s’ils sont inévitables. Dans ce cas, la giration sera effectuée lentement et en plusieurs étapes. Si le navire ne parvient pas à effectuer le changement de route il doit en informer le brise-glace qui reviendra élargir le chenal au niveau du point tournant de manière à laisser plus d’espace au navire assisté pour manoeuvrer.

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