Brittany Ferries abandonne en partie son plan de transition écologique.

Vrai problème financier ou coup de bluff pour faire pression avant la mise en application de la nouvelle réglementation en zone SECA ?

Après avoir suspendu la commande d’un ferry au GNL auprès des chantiers STX de Saint-Nazaire (projet Pégasis), la BRITTANY FERRIES annonce ce jour l’abandon de la seconde partie de son Plan de Transition Écologique concernant les navires actuellement en service. C’est la partie conversion au gaz naturel liquéfié, avec changement de moteurs et nouvelles cuves à membrane, du Mont-ST-Michel, de l’Armorique et  du Pont-Aven qui est abandonnée.

Étonnant revirement après avoir largement communiqué sur ce plan consistant en l’installation de filtres à fumée sur trois navires et la conversion de trois navires plus récents au Gaz Naturel Liquéfié (GNL). Ce plan a été élaboré pour répondre à la nouvelle réglementation relative aux émissions de soufre qui entrera en vigueur au 1er janvier 2015 (voir JM 225).

A deux mois et demi de l’échéance du 1er janvier 2015, tout démontre qu’il n’y aura pas d’exemption temporaire pour les armateurs s’engageant dans une transition écologique, pourtant mieux disante à moyen terme que les réglementations sur les normes environnementales. C’est précisément ce que le Plan de Transition Écologique de Brittany Ferries permettait avec l’utilisation du GNL, mieux disant au regard des normes sur le soufre, et également émettant moins de particules fines, d’oxydes d’azote et de CO2.

brittanyferries16 bretagne© Marcel MOCHET

Jean-Marc ROUE, Président du conseil de Surveillance de Brittany Ferries, précise :
« Il nous est impossible actuellement de nous engager sur un Plan de Transition Écologique avec un niveau d’investissement très élevé auquel viennent s’ajouter, faute d’exemption temporaire, des dizaines de millions d’euros par an de surcoûts en carburant liés à l’utilisation du Gasoil en substitution du fuel, pendant la période nécessaire à la conversion des navires. Sans exemption temporaire, l’équilibre économique du Volet GNL est mis en danger. En tant que premier employeur de marins français, il est de mon devoir de protéger la compagnie et ses salariés au moment où l’actualité nous illustre malheureusement la situation difficile de l’emploi maritime en France. L’ensemble des partenaires impliqués dans la construction de la filière GNL avec Brittany Ferries a pourtant démontré la faisabilité technique et la pertinence environnementale de cette technologie pionnière et d’avenir. J’ai donc décidé de suspendre le volet GNL de notre Plan de Transition Écologique. Cette décision est prise avec beaucoup de regrets et de lassitude. Des scrubbers seront installés sur les trois navires initialement prévus pour être convertis au GNL. Il s’agit malgré tout d’un investissement qui s’élève à 70/80M€. »

La Compagnie considère qu’elle ne peut supporter deux fois le coût de cette évolution, assimilé à une « double peine ». Brittany Ferries se donne également le temps d’étudier à terme le remplacement du  Bretagne .  L’armement breton continue de considérer que la filière GNL est une filière industrielle et écologique d’avenir pour le secteur maritime français.

BRITTANY FERRIES clôture son exercice avec une progression de 3% du nombre de passagers transportés soit une augmentation de 65 000 passagers. La saison 2013 avait été marquée par un fort rebond pendant l’été notamment de 9% des passagers par rapport à 2012, la progression de 2014 confirme donc cette bonne tendance. Malgré cette amélioration, la situation financière de la compagnie ne lui permet pas de se lancer dans cet ambitieux et courageux programme d’adaptation de sa flotte, sans avoir la garantie de bénéficier de mesures dérogatoires jusqu’à la fin du retrofit du Pont-Aven prévu en mars 2017.

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