ENSM : Tout reste à faire!

Le Conseil d’administration de l’ENSM a enfin adopté le projet d’établissement le mardi 10 décembre 2013, sous les ors des salons de la Marine rue Royale, par 21 voix pour et une voix contre. Cette singularité est l’expression des seuls élèves ayant émis un avis négatif au milieu d’une majorité silencieuse.

Les fortes turbulences des derniers mois, où l’on a vu des élus locaux défendre les atouts de leurs territoires ou rappeler quelques évidences, les armateurs partagés sur la conduite à tenir et peu écoutés par la tutelle, les professeurs avançant à reculons dans le brouillard et des élèves rappelant qu’ils sont les principaux concernés par cette réforme, sont espérons-le du passé. Toutefois on peut déplorer les tentatives de désinformation et les pressions subies par les élèves et le corps enseignant dignes d’un autre âge.

Tout ceci est l’illustration d’un manque de communication entre les partenaires de ce projet de refonte de l’enseignement maritime. Rappelons juste que le processus a commencé en 2004, par le rapport d’un Inspecteur général de l’enseignement maritime (conseillant le regroupement des sites NDLR), pour aboutir en 2013 au lancement réel de l’ENSM.

Le vote du 10 décembre marque donc le vrai départ de l’ENSM, mais tout reste à faire. L’interview de Monsieur François Marendet, Directeur général, montre bien les nombreux chantiers à mener de front pour faire passer ce projet du virtuel au réel : réflexions en cours, pistes à étudier, etc. Bref, peu de concret à court terme et une modestie affichée.

L’objectif est 2017, quand le nouveau bâtiment du Havre permettra à l’ensemble des nouvelles filières d’être pleinement opérationnel sur l’ensemble des quatre sites. D’ici là rien n’est figé. Les vraies négociations vont commencer avec une équipe dirigeante confortée par le vote du CA. Cette équipe a le mérite d’avoir balayé très largement l’ensemble des problématiques de l’ENSM en tenant compte de la directive ministérielle difficilement conciliable avec les moyens financiers disponibles pour l’instant. À elle maintenant de fédérer les énergies, d’adapter le projet d’établissement aux réalités de ses interlocuteurs et à la situation économique de la France. C’est de l’intérêt de tous d’accompagner la direction de l’ENSM, à commencer par les professeurs et les élèves.

Cependant, restons pragmatiques. Rien n’est figé dans le marbre, tant au niveau des sites que de l’élaboration des nouvelles formations.

N’en déplaise à de nombreux anciens élèves qui ne comprennent pas l’évolution nécessaire de l’école, l’Hydro va devenir le noyau de base d’une structure d’enseignements étendus à l’ensemble du monde de la mer. A chacun d’apporter sa contribution pour qu’elle conserve son âme qui en fait sa particularité et sa force, y compris au sein des nouvelles filières d’ingénieurs qui ne goûteront pas tous des saveurs de l’océan.

La rédaction de Jeune Marine

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