Kea Trader: La coque cassée en deux parties

Le dimanche 12 novembre, le Kea Trader s’est brisé en deux, quatre mois jour pour jour après s’être échoué sur le récif Durand, à 50 milles de l’île de Maré, en Nouvelle-Calédonie.

Dans un communiqué, le Haussaire en Nouvelle-Calédonie, Thierry Lataste, récapitule les événements du week-end.

« Des conditions météorologiques particulièrement difficiles ce week-end ont dégradé l’état du Kea Trader, alors que les équipes à bord continuaient à préparer son renflouement. L’impact continu des mouvements de houle a fortement affaibli la coque, qui a commencé à se fissurer. La société de sauvetage Ardent a alors demandé au MRCC l’évacuation d’urgence des 9 personnes encore présentes à bord. Un hélicoptère Bell affrété par Ardent, déjà sur zone, a pu récupérer les 9 personnes concernées, qui ont été transportées sans difficulté jusqu’à l’aéroport de Magenta. Un hélicoptère Puma des FANC était également prêt à intervenir, en cas de besoin. Les remorqueurs Posh Commander et Pacific Titan sont présents aux alentours du récif Durand, et assurent une surveillance de la situation. Ils sont équipés de moyens antipollution de la société Briggs et se tiennent parés à intervenir. Ils ont pu constater que le Kea Trader était maintenant coupé en deux parties. En dépit de la phase de pompage et d’évacuation du fuel lourd à bord du Kea Trader, des quantités résiduelles d’hydrocarbures sont restées à bord, et des traces ponctuelles de pollution ont été constatées sur place, ainsi que la présence de débris et de deux conteneurs tombés à l’eau suite aux mouvements du navire. 102 conteneurs restent également présents dans les cales. Le propriétaire souligne qu’il reste déterminé à retirer le Kea Trader. Une évaluation exhaustive de l’état du bâtiment est en cours et doit permettre l’élaboration d’un nouveau plan de retrait du récif. Les priorités de sauvegarde de la vie humaine et de préservation de l’environnement restent inchangées.

Un vol d’un avion de patrouille maritime Gardian a lieu ce matin afin de constater les évolutions sur zone et les traces d’une éventuelle pollution. Le plan ORSEC, qui mobilise depuis le 12 juillet les services étatiques et gouvernementaux pour assurer le suivi de la situation, est maintenu. »

La longue houle de sud-est du Pacifique a donc eu raison du Kea Trader. La saison officiel des cyclones commençant le 1 er décembre, il reste très peu de temps à Ardent pour extraire les deux parties de la coque du récif Durand. La meilleure solution est peu-être après avoir déchargé les 102 conteneurs restant, de laisser les deux morceaux de la coque sur le récif.. Au moins, la prochaine fois quand un officier de quart qui ne sait pas utiliser une carte ECDIS, à défaut de voir le récif il aura un fort écho radar le marquant.

La Nouvelle-Calédonie a déjà connu ce genre d’événement. La longue barrière de corail qui protège « le caillou » et son lagon a bien souvent signé une fin de carrière prématurée pour nombre de navires. Le 3 juillet 1970, un minéralier  l’Ever Prosperity, qui bat pavillon libérien, faisant route de Sydney vers Monéo pour y charger du minerai s’est échoué sous un grain violent réduisant la visibilité. Lancé à près de 15 nœuds, l’Ever Prospérity s’échoue sur le récif Aboré à environ 5 milles de la passe de Boulari, à 6h du matin. Aujourd’hui, le navire suscite la curiosité des touristes qui survolent la barrière de corail ou qui se rendent au Phare Amédée.

 
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