Projet ENSM : Les Professeurs du Havre montent en première ligne

Depuis le CA de l’ENSM du 23 octobre 2013, les principaux intéressés par le projet d’établissement préparé par la direction de l’ENSM font entendre leurs propres musiques pour tenter de corriger si possible à la marge le contenu du texte qui sera à nouveau présenté le 10 décembre 2013 au CA de l’ENSM.

Dernier en date,  l’ensemble des professeurs du site du Havre réunis en assemblée générale le 14 novembre 2013, ont voté le texte suivant :

« Le projet d’établissement de l’Ecole Nationale Supérieure Maritime présenté et non soumis au vote lors du CA du 23 octobre 2013 sera représenté à l’identique lors du CA du 10 décembre 2013. Ce projet prévoit notamment le regroupement des trois premières années du cycle d’ingénieur (L1, L2 et L3) sur le site de Marseille, ce qui représente une perte importante pour le site du Havre en termes de nombres d’élèves et de volume horaire par rapport à la situation actuelle. Ce déficit devant être en théorie partiellement compensé par la création de nouveaux cursus maritimes ou para-maritimes.
Les professeurs enseignants sur le site du Havre de l’ENSM (tous statuts confondus) réunis en Assemblée Générale ce jeudi 14 novembre 2013.
Constatent:
– que, contrairement à ce qui est laissé entendre, ils n’ont jamais participé à la moindre concertation concernant l’élaboration de ce projet d’établissement, et que notamment, les aspects pédagogiques n’ont pas été pris en compte.
– que les filières sensées compenser la perte du cursus de premier cycle ingénieur ne sont à l’heure actuelle que des embryons de projets, sans élèves, sans financement, sans pérennité, et sans qu’ une évaluation précise des besoins n’ait été faite .
– que le nombre d’élèves prévus sur le site du Havre est très loin de correspondre au dimensionnement de la nouvelle école devant sortir de terre en 2015, et qu’à l’opposé, le nombre d’élèves prévu à Marseille conduirait certainement à des investissements importants sur ce site.
– que le projet en l’état actuel, loin de faire de l’ENSM un établissement unique, la divise en quatre entités indépendantes et donc concurrentes.
En conséquence, ils réclament:
– que le plan de spécialisation des sites soit retiré du projet d’établissement et revu après concertation entre tous les acteurs;
– que les points listés ci dessus soient pris en compte pour l’élaboration du nouveau plan de spécialisation
.« 

Au delà des tensions liées à la répartition géographique des formations entre les quatre sites de l’ENSM, les professeurs pointent le défi pédagogique du projet qui à leurs yeux navigue dans un certain brouillard.

Lors des assises de la formation et des métiers maritimes organisées le 8 novembre à Paris, les armateurs ont rappelé leurs attentes concernant la formation. Voici quelques réflexions entendues :

« Nous avons  besoin de marins professionnels mais aussi de véritables chefs d’entreprise ayant un esprit de synthèse et la capacité à anticiper les situations et les risques » Denis Aïm de CMA-CGM. La formation “doit préparer à la reconversion des marins et aux nouveaux métiers maritimes que cela soit pour accompagner la croissance des besoins des activités de services, ou dans les
énergies renouvelables comme l’hydrolien et l’éolien offshore. Sans marins formés, il sera impossible de répondre aux enjeux économiques de demain”
  Raymond Vidil de Marfret et Président d’Armateurs de France, qui a ajouté «  Il est souvent plus aisé de renforcer les compétences techniques d’un marin que de “maritimiser” un terrien« . Tout cela est abordé dans le projet de l’ENSM.

Lors de ces assises, la création de deux BTS maritime pour la rentrée 2014 a été annoncée par Frédéric Cuvillier.

Par ailleurs, Nicolas Mayer-Rossignol,  successeur d’Alain Levern à la présidence de la région Haute-Normandie a demandé à Frédéric Cuvillier  que le siège de la future école et  de ses quatre sites soient au Havre. D’ici là, les élus politiques de chaque région ne vont pas manquer de faire entendre leurs intérêts auprès du ministre.

La sortie de crise viendra peut-être d’une réflexion du député-maire du Havre Édouard Philippe : « Laisser la possibilité de suivre les cinq années de formation à Marseille et au Havre réglerait le problème. C’est une évidence pour maintenir le contact entre les jeunes et les actifs. La formation s’appuie sur deux éléments, la théorie et la pratique. Ces compétences pratiques s’acquièrent notamment par le partage et la transmission de l’expérience des plus anciens« .

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