Projet « Re Volt »: Quel avenir pour les marins ? (Vidéo)

La société de classification DNV GL a dévoilé lors du salon SMM à Hambourg le projet Re Volt d’un caboteur à propulsion électrique sur batterie, sans équipage.

C’est probablement le navire de « rêve » pour de nombreux armateurs : navire vert sans pollution, peu de maintenance, absence d’équipage. On évacue ainsi bien des problèmes qui engagent la responsabilité de l’armateur.

Sécurité renforcée par un système autonome de navigation qui élimine le risque d’erreur humaine (la présence de l’équipage) améliorant ainsi la rentabilité d’un tel projet (pas d’emménagements, permettant plus d’espaces pour le chargement, coûts de maintenance faible).

Ce concept Re Volt a tout de même des limites. La batterie de 3000 kWh autorise une autonomie de 100 miles à la vitesse de 6 nœuds. Cette faible vitesse permet l’utilisation de système de propulsion type pod vertical, limitant la résistance à l’écoulement de l’eau sur les œuvres vives.

Pour ce navire de 60 mètres de long, DNV affirme que l’économie sur la durée prévue de vie d’un tel caboteur (30 ans) serait de 34 millions de dollars.

La construction et l’exploitation d’un tel navire est possible avec la technologie actuelle. La démarche de DNV est de susciter la réflexion chez les armateurs, chantiers et fabricants d’équipements pour développer de nouvelles solutions applicables au développement durable du transport maritime.

Dans ce « meilleur des mondes » imaginé par DNV, on supprime l’erreur humaine, mais on ne supprimera jamais l’erreur ou la panne technique. Tous les marins le savent : la plus belle technique confrontée aux contraintes et aux réalités de la mer a toujours besoin un jour d’un petit coup de pouce sous la forme d’un serrage de boulons, d’un coup de marteau ou le réarmement d’un contacteur savamment appliqué par un marin expérimenté. Ne parlons pas des capteurs déficients qui induiront en erreur les systèmes experts en chargent de la conduite du navire, avec toujours un risque pour l’environnement en particulier à l’approche des ports.

Demain il y aura toujours des marins pour assurer la conduite des navires. Après-demain c’est moins sur.

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