Réforme des ports au menu du CIMer (Comité interministériel de la mer)

Édouard Philippe, avec l’aide du secrétariat à la mer (SGM) doit présenter lors du CIMER prévu le 15 novembre à Dunkerque, les modalités d’une réforme portuaire. Depuis son discours aux Assises de l’économie la mer au Havre en novembre 2017, le dossier mer est resté en cale sèche, en raison de la réforme de la SNCF qui a occupé les cabinets ministériels concernés.

Le but de cette réforme portuaire consiste à rendre la gouvernance des grands ports métropolitains plus efficace et revoir le modèle économique… Vaste programme !!! En réalité, l’État est en train de revenir sur la loi de 2008 en la détricotant pour reprendre le contrôle des ports.

La régionalisation de certains ports, comme La Rochelle et Bordeaux qui passent sous le giron de la région Nouvelle-Aquitaine, ne devrait pas poser de problème, en dehors du Grand Port Maritime de Nantes-Saint-Nazaire, dont aucune collectivité ne souhaite hériter faute d’une gestion qualifiée de désespérée par ses clients.

Le projet « phare » de cette réforme est la fusion des trois ports de l’axe Seine, Le Havre, Rouen et Paris sous la bannière d’Haropa. D’où une seule direction, la fusion des services supports et la renégociation des accords sociaux par le haut sous la pression du syndicat dominant CGT avec son cortège de grèves et autres dysfonctionnements réguliers. Pas sûr que cela débouche sur une organisation adaptée à l’environnement concurrentiel des ports nord européens, alors que ces derniers justifient leurs succès en partie sur le mode de gouvernance locale des établissements portuaires (Municipalités, Länder, etc.). Hervé Morin, président de la région Normandie, fait donc pression dans ce sens pour obtenir plus de poids dans la gestion d’Haropa. Mais peu de chance qu’il soit entendu.

Devant l’incertitude du jeu de chaises musicales que va entraîner cette réforme, les ingénieurs X-Ponts s’agitent pour préserver leurs « postes héréditaires », car Matignon souhaite confier ces postes stratégiques à des patrons ayant une culture du monde économique, de la concurrence et des clients. Ils peuvent compter sur le quatuor de hauts fonctionnaires chargés d’étudier la révision du modèle économique des ports, basé depuis des décennies sur la rente du trafic pétrolier.

Pourquoi ce énième comité « Théodule » après les multiples rapports commandés à BCG, Mensia conseil, etc. Au regard des rares compétences portuaires, des membres de cette mission, développée dans le passé dans des postes au sein des ports (Geoffroy Caude, ex-directeur de l’outillage du port du Havre et DG de l’Union des Ports de France ou François Marendet ex-DG du port de Nantes), on peut douter de la pertinence de cette mission. Probablement une ultime manœuvre pour préserver quelques postes de hauts fonctionnaires du CGEDD (Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable), au détriment d’un management portuaire moderne.

 

 

 

 

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