SOS MEDITERRANEE renonce à l’Aquarius

Après avoir secouru près de 30 000 personnes en 34 mois, SOS MEDITERRANEE, en partenariat avec Médecins Sans Frontières (MSF), a été contrainte de prendre la décision de mettre fin à l’affrètement du navire l’Aquarius. Face aux attaques incessantes dont le navire et ses équipes ont fait l’objet, cette décision devrait favoriser la reprise rapide et durable de la mission de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale. Ainsi, en dépit du climat hostile dans lequel évoluent les ONG de secours en mer, SOS MEDITERRANEE demeure pleinement engagée à fournir une assistance vitale aux naufragés et se prépare à reprendre les opérations de recherche et de sauvetage début 2019.

« Renoncer à l’Aquarius a été une décision extrêmement difficile à prendre, mais elle permettra à nos équipes de reprendre les opérations de recherche et de sauvetage le plus rapidement possible », a déclaré Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS MEDITERRANEE. « Nous refusons de rester les bras croisés sur le rivage alors que des gens continuent de mourir en mer. Tant que des êtres humains continueront à tenter la traversée la plus dangereuse du monde, SOS MEDITERRANEE remplira son devoir d’assistance en répondant à l’urgence par tous les moyens professionnels possibles ».

l’Aquarius a été, à deux reprises en moins de deux mois, exclu des registres de l’État du pavillon de Gibraltar, puis du Panama. Il est actuellement amarré dans le port de Marseille, avant d’être repris par son propriétaire allemand. En deux ans et demi, 29 523 personnes ont été secourues dont 23% sont des mineurs. Chaque jour en mer coûtait 11 000 euros ( l’affrètement du navire, son équipage,le fuel et l’ensemble des équipements nécessaires pour secourir et prendre en charge les rescapés).

En deux ans et demi de mission, SOS MEDITERRANEE a recruté 129 professionnels de 18 nationalités différentes (Français, Allemands, Italiens, Américains, Suédois, Libanais, Mexicains, Australiens, Roumains…) parmi lesquels : 88 marins sauveteurs issus du milieu maritime et/ou de la sécurité civile. Les membres de l’équipe de recherche et sauvetage à bord se relaient sur des missions de 6 semaines en moyenne (soit deux missions de 3 semaines). L’équipage se compose d’une équipe de 11 à 13 marins sauveteurs, d’un coordinateur des opérations de recherche et sauvetage (SARCO «Search and Rescue Coordinator»), d’un coordinateur adjoint, d’un chargé de communication et d’un photographe.

La mission de communication de SOS MEDITERRANEE a été assurée par 14 chargés de communication différents, 21 photographes et 4 chargés de collecte de témoignages. Une nouvelle fonction a vu le jour avec le retour de l’Aquarius sur zone le 1er août 2018, le Research and evidence officer. Il ou elle a pour mission d’alimenter le site onboard-aquarius.org et de rendre ainsi transparentes toutes les observations et activités menées à bord du navire. Deux personnes se sont succédées à ce poste.

SOS MEDITERRANEE explore déjà activement les options pour un nouveau navire et un nouveau pavillon, et étudie sérieusement toutes les propositions d’armateurs qui lui permettraient de poursuivre sa mission de sauvetage. « C’est un signe fort de solidarité du monde maritime envers notre mission civile de recherche et de sauvetage. Depuis notre toute première mission, en février 2016, nos opérations n’ont été possibles que grâce au soutien incroyable que nous recevons de la société civile », a déclaré Sophie Beau, co-fondatrice et vice-présidente de SOS MEDITERRANEE. « Sauver des vies en mer est et restera notre mission et, aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin du soutien de tous les citoyens qui croient encore en nos valeurs d’humanité en mer et désirent concourir à nos efforts pour trouver un nouveau navire et un nouveau pavillon. »

Le raidissement du gouvernement Italien vis à vis des migrants provenant des côtes libyennes a maintenant déplacé le flux vers le détroit de Gibraltar et les îles Canaries.

Source: Communiqué de presse de SOS MEDITERRANEE

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