Editorial Jeune Marine N°215

Navire à la dérive en recherche d’un État-major confirmé

Cher lecteur, cher abonné,

Vous vous méprenez, ce titre n’a aucun rapport avec l’odyssée du porte-conteneurs MSC Flaminia qui, victime d’un grave incendie à fond de cale survenu le 14 juillet dernier, n’a finalement trouvé un port de refuge que le 9 septembre. Son armateur a su faire face à ce terrible événement de mer mais a dû attendre de longues semaines qu’une décision administrative voie le jour quant à la détermination d’un port de refuge. Ni les autorités britanniques, ni leurs homologues françaises n’ont daigné prendre le moindre risque si ce n’est celui d’aggraver la situation au fil des jours, quelles que soient leurs bonnes raisons pour refuser l’accueil d’un tel navire.

Une analogie de circonstance avec le navire ENSM qui, depuis son lancement il y a tout juste 2 ans, est balloté au gré des flots, apparemment à court de combustible ou dirigé par un capitaine dont la capacité de manoeuvre semble très restreinte. Son président Eudes Riblier, malgré un avis favorable (à une voix près) du C.A. de l’ENSM en mars 2012, reste sur le quai en attendant une hypothétique confirmation de ses fonctions par un prochain décret. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’unanimité n’est pas au rendez-vous. (*)

La seule décision prise par le ministre Frédéric Cuvillier a été de mettre fin aux fonctions d’Henri Poisson, directeur de l’ENSM, à compter du 8 octobre 2012. Une nouvelle nomination devrait intervenir dans les jours à venir après l’audit de l’ENSM par le Conseil général du Ministère du développement durable. Matraquage fiscal aidant, gageons que le nouveau gouvernement va donner à l’ENSM les moyens d’établir un passage planning et de sortir de l’oeil du typhon. Les personnels des écoles d’Hydro font savoir leur ras-le-bol de naviguer non pas à l’estime mais dans une véritable purée de pois.

Quant aux élèves, on ne sait même plus qu’ils sont la raison d’être de ces établissements, ils n’ont mot à dire et subissent les alternances politiques et les guerres intestines, tous les coups étant permis pour sauver « son » école. Les difficultés pour embarquement trouver ne sont pas facilitées dans un tel contexte : gardez espoir chers Hydros, la dépression ne devrait pas durer, cross your fingers !

Ce numéro de rentrée est plus épais que d’habitude, vous y constaterez l’apparition de nouveaux chroniqueurs qui ont souhaité intervenir dans nos pages. Si vous désirez publier un article dans Jeune Marine, n’hésitez pas à prendre contact avec nous. Également, nous tenons à remercier nos annonceurs sans lesquels cette publication ne pourrait prendre de l’épaisseur et, de fait, attirer de nouveaux abonnés.

Bonne lecture !

La Rédaction

(*) Au moment où nous mettons sous presse, nous apprenons la démission d’Eudes Riblier de la Présidence de l’ENSM, en date du 9 octobre.

Publicité