Drames des réfugiés en Méditerranée : l’appel de Frédéric Moncany

Le président du Cluster maritime français lance un vibrant appel face aux nombreux drames des réfugiés en Méditerranée, mettant en avant la solidarité des gens de mer.

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« Si tous les gars du monde... »
« Depuis plusieurs mois, quotidiennement ou presque, des femmes, des hommes et des enfants meurent en mer sous les yeux de marins s’efforçant de leur porter secours.
Aujourd’hui une photo, déjà historique, vient nous interroger au plus profond de nous-mêmes. La vision du cadavre d’Aylan échoué sur une plage turque est insoutenable. Nous ne pouvons plus détourner les yeux.
Aujourd’hui, je pense à tous ces marins confrontés malgré eux à cet insoutenable. Ils sont marins de l’État ou sauveteurs en mer en mission d’assistance. Ils sont pêcheurs, marins du commerce, marins de plaisance se portant au secours d’une embarcation surchargée en train de couler.
Pour eux, la question ne se pose pas, même au péril de leur propre vie : l’assistance aux personnes en mer est obligatoire. C’est un devoir sacré inscrit dans l’ADN des gens de mer.
Puis, pour quelques heures, quelques jours, avec les moyens du bord, ils essaieront d’apporter un peu de réconfort physique ou moral à ces malheureux qui fuient les combats de leurs pays déchirés par des conflits que l’on pouvait croire « d’un autre temps » ! Mais après ?
Combien de temps encore, ces marins, témoins involontaires d’une terrible tragédie, devront-ils – dans la plus grande des abnégations mais fidèles aux valeurs de la mer – continuer à faire leur devoir ?
À nous, citoyens et dirigeants européens ; à vous, citoyens et dirigeants des autres continents, d’apporter les réponses à la hauteur de l’engagement de nos marins.
Les problèmes sont complexes, les solutions seront difficiles et les efforts grands.
Mais un sauvetage en mer (ou ailleurs) n’est jamais facile, il demande une analyse de situations complexes, un engagement personnel, de grands efforts et la mise en place de solutions difficiles et risquées… Alors, si tous les gars du monde… !
Il y a quelques jours dans un Thalys entre Amsterdam et Paris, une poignée de gens normaux (des gars du monde) ont évité la mort certaine à de nombreux voyageurs innocents en s’engageant dans l’action par un « let’s go » !
À vous grands capitaines politiques de France et d’ailleurs, nous les marins de métier ou de passion vous demandons d’agir dès aujourd’hui avec toute la bonne volonté et le cœur dont vous ne manquez pas.
N’ayez pas peur, conduisez-nous, let’s go ! »

Frédéric Moncany de Saint-Aignan,
Capitaine de 1e classe de la navigation maritime, capitaine de frégate de réserve,
ancien pilote maritime et président du Cluster maritime français.

le 03/09/2015

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