EDITORIAL Jeune Marine 248

Le naufrage du conro GRANDE AMERICA et l’évacuation du paquebot VIKING SKY non loin des côtes norvégiennes ont alimenté les éditos des journaux télévisés de ce mois de mars. Au-delà du côté événementiel dont raffolent ces médias, ces deux accidents suscitent bien des interrogations dont nous nous faisions d’ailleurs l’écho.

Interrogations en premier lieu des assureurs maritimes qui tirent la sonnette d’alarme devant le nombre grandissant de sinistres dus aux incendies de conteneurs embarqués à bord de navires en transportant jusqu’à plus de 20.000. L’incendie du GRANDE AMERICA juste avant son naufrage fait suite aux déboires du YANTIAN EXPRESS, du MAERSK HONAM, de l’APL VANCOUVER, des sinistres qui ont provoqué des dégâts matériels majeurs, avec recours aux avaries communes et, dans certains cas, mort d’hommes. Le gigantisme des derniers PC s’avère redoutable dans de telles situations.

Le naufrage du GRANDE AMERICA c’est une épave supplémentaire dans le golfe de Gascogne, avec plus de 1000 tonnes de produits dangereux dans ses entrailles et des ballasts remplis d’huiles, de FO et de DO qui finiront malheureusement par remonter à la surface et se répandre sur nos côtes ou celles des pays voisins. Le GRANDE AMERICA, c’est aussi le symbole du sempiternel transport des déchets de l’Europe vers l’Afrique, vaste débat, s’il en est, de nos sociétés de consommation.

Quant au S.O.S lancé par le paquebot VIKING SKY, il a été reçu 5 sur 5 par les secours du fait de la proximité du navire des côtes norvégiennes. En panne de moteurs, à la dérive dans une mer démontée, le paquebot aurait pu connaître une fin dramatique. Une noria d’hélicoptères a pu évacuer plusieurs centaines de passagers, la plupart des personnes âgées, avant que le navire ne retrouve sa propulsion. La norme Safe return to port a été bien affectée dans cet épisode hivernal et pose question quant aux réelles conditions de sécurité offertes aux croisiéristes lorsque les paquebots se retrouvent en situation de péril.

Là encore le gigantisme a ouvert une brèche dans le scénario catastrophe et cet accident va sans doute interpeller armateurs, capitaines, assureurs, organisations des secours en mer.

JEUNE MARINE vient de clore son Assemblée Générale annuelle. Il a été décidé une refonte du site internet, devenu obsolète, avec la possibilité aux internautes de consulter nos archives en ligne. Ce travail devrait être réalisé avant l’été, il réclame un gros investissement humain. Cet investissement, basé sur le bénévolat, a été au cœur de nos débats et l’état-major de la Rédaction a réitéré son souhait de passer la main à une équipe plus jeune et donc plus dynamique ! De jeunes officiers viennent d’intégrer l’association, s’y investissent pleinement, notamment dans la gestion du site internet. Gageons qu’ils soient rejoints par d’autres nombreux collègues, afin de perpétuer la parution de ces pages.

Bonne lecture !

                                                                                                            Jacques Mével

©MACLAY

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