ÉDITORIAL Jeune Marine 250

L’actualité estivale aura été marquée par une profusion d’événements à connotation maritime, tant au niveau national qu’international. Le 7 juin, le monde de la mer était endeuillé par le naufrage de la vedette SNSM Jack Morisseau de la station des Sables-d’Olonne : partis secourir un bateau de pêche en détresse dans la tempête Miguel, les sauveteurs bénévoles ont dû faire face à une furie de temps avec des vagues de six à huit mètres. Une déferlante a fait exploser les sabords de la timonerie et éjecté quatre sauveteurs, trois autres resteront prisonniers de la vedette couchée et périront. Un hommage national fut rendu à ces héros. Un mois plus tard, autre remous au sein de la noble institution SNSM, d’ordre administratif cette fois, mais non moins générateur de grogne dans les stations : son président annonçait que le renouvellement de la flotte de sauvetage allait être confiée à un seul chantier naval, en l’occurrence Couach, avec la construction de quelque 70 vedettes dans les dix ans à venir. Exit tous les chantiers régionaux, habitués à travailler avec les stations locales auxquelles ils ont donné satisfaction des décennies durant. Quel mépris pour les donateurs habitués à soutenir les sauveteurs de leur propre région ! Pourquoi leur générosité serait-elle canalisée vers le seul chantier girondin ? De nombreuses stations s’inquiètent de la réaction des collectivités locales qu’elles viendront solliciter pour la traditionnelle aide financière, avec en corollaire l’exclusion des chantiers locaux pour les nouvelles constructions. Le parisianisme à tout crin a ses limites.

Sur le plan international, la guerre économique entre les États-Unis et la Chine a fait rage et les décisions de Donald Trump ne sont pas sans répercussion sur l’activité du shipping. De même que les sanctions étatsuniennes à l’encontre de l’Iran rendent périlleuse la navigation des tankers dans le détroit d’Ormuz et contribuent à faire flamber les prix à la pompe. En marge du G7 à Biarritz cet été, le Président Macron se devait de « répondre à l’appel de l’océan » et agir pour l’environnement : il a tout bonnement repris la préconisation de Philippe Louis-Dreyfus et annoncé qu’il demanderait une limitation de la vitesse des navires de commerce, afin de limiter la pollution générée par le transport maritime.

Vous constaterez que cette édition de rentrée est dédiée à la région PACA, une nouvelle équipe de bénévoles est en train de se mettre en place sur la côte méditerranéenne et souhaite assurer à nos lecteurs une information complémentaire de celle fournie par l’équipe « nordiste » de JEUNE MARINE. Dans ce numéro, vous pourrez lire une interview de Pierre-Antoine Villanova, Directeur Général de Corsica Linea, ou celle de Christophe Séguinot, directeur technique de La Méridionale, deux acteurs incontournables de la DSP (Délégation de Service Public) maritime vers la Corse.

Ce numéro spécial Méditerranée sera distribué aux prochaines Assises de l’Économie de la Mer à Montpellier les 3 et 4 décembre : l’occasion aussi de faire connaître le point de vue de notre chroniqueur Eric Blanc sur le réchauffement climatique, préoccupation à la une de tous les médias, ou alors sur l’art et la manière de commander et/ou manager un navire de commerce, avec une autre approche de notre capitaine/Trésorier Aymeric Avisse.

Bonne lecture,

                                                                                                            Jacques MEVEL

©Matthieu Burnel

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