ÉDITORIAL Jeune Marine 251

Lors de la dernière réunion du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) en septembre dernier, son président Hoesung Lee tirait la sonnette d’alarme et annonçait qu’il faudrait « prendre des mesures de réduction drastiques et immédiates des émissions à effet de serre » (cf. Communiqué de presse GIEC du 25/09/2019). L’OMI ne semble malheureusement pas avoir entendu le message : les délégués des États membres, qui viennent de plancher pendant une semaine sur les moyens à mettre en place pour atteindre ce but, n’ont pas retenu de mesure contraignante à proposer lors du prochain Comité de protection de l’environnement marin (MEPC) qui se tiendra au printemps 2020. Comme je l’avais écrit dans mon édito du JM249, l’honorable institution reste fidèle à sa devise « Hâte-toi lentement ». La réduction de vitesse des navires marchands, préconisée par Philippe-Louis Dreyfus (cf. JM249) et fortement soutenue par Emmanuel Macron, était bien à l’ordre du jour à Londres mais ne fera l’objet d’aucune contrainte… Ou alors me trompé-je, ou alors les délégués des États membres sont-ils des sages qui veulent prendre le temps d’analyser la multitude de rapports qui annoncent le grand cataclysme ?! A qui se fier ? Notre collaborateur Eric Blanc vous invite, dans son article « Climatisation océanique », à aller consulter les excellentes fiches de la plateforme Océan & Climat qui a su convaincre le GIEC d’intégrer l’importance de l’influence océanique dans les études sur les évolutions du climat. A l’aube de la mise en application le 1er janvier prochain de la nouvelle législation IMO 2020 sur le taux de soufre à 0,5% dans les combustibles marins, le choix des armateurs reste limité : installation de scrubbers, adoption du GNL, achat de soutes aux nouvelles normes (y en aura-t-il pour tout le monde ?). Le Directeur Général d’Euronav France, Stéphane Huchet, fait part à Jeune Marine de la solution originale mise en place par son groupe pour répondre aux nouvelles dispositions réglementaires.

Pourtant les idées ne manquent pas, l’urgence de la situation environnementale a été perçue par de nombreux acteurs du monde industriel : les créations de « start-up » apportent une lueur d’espoir pour venir à bout du réchauffement climatique. Serge Dal Farra, dans ce numéro, donne un coup de projecteur sur une nouvelle structure, mise en place l’année dernière à Marseille par CMA CGM, véritable lieu d’ « incubation et d’accélération de start-up » : vous verrez que les projets de réduction de la pollution engendrée par les navires de commerce sont légion.

L’océan, c’est aussi les drames qui s’y jouent : notre rubrique Actu déplore régulièrement les chiffres fournis par les ONG engagées dans les secours aux migrants, qui périssent en mer par milliers. Nous avons souhaité faire le portrait de François Thomas, un hydro au parcours atypique, qui a accepté de remplacer en juin dernier Francis Vallat à la présidence de SOS MEDITERRANEE France. Un défi à la hauteur de sa connaissance du monde maritime et de son expérience dans l’humanitaire.

Vous pourrez lire dans ce numéro un article rédigé par Jean-Yves Bouffet, Les pavillons maritimes : une concurrence sans complaisance, publié dans le n°13 de la revue CONFLITS (géopolitique, histoire et relations internationales). JEUNE MARINE tient à remercier la Rédaction de CONFLITS pour cette autorisation de reproduction : nos lecteurs apprécieront la pertinence des propos de l’auteur.

Toute l’équipe de JEUNE MARINE vous souhaite une heureuse année 2020, en espérant que vous prendrez plaisir à découvrir notre nouveau site internet qui sera mis en ligne fin décembre, avec notamment l’accès gratuit aux archives numérisées l’année dernière.

Jacques Mével

©JVD Jeunemarine.fr

 

« Notre avenir sera et doit être maritime », Le Président de la République dans son discours
d’ouverture des Assises de l’Économie de la Mer à Montpellier, le 3 décembre 2019.

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