Éditorial Jeune Marine N°232

A l’heure où nous bouclons ce numéro, le MODERN EXPRESS, un navire transporteur de véhicules de 164 mètres de long, vient de trouver refuge à Bilbao après plusieurs jours de dérive en plein golfe de Gascogne, avec plus de 40 degrés de gîte ! Les sauveteurs de Smit Salvage, engagés par l’armateur du navire, ont relevé le défi de ramener à bon port ce vaisseau moribond et permis d’éviter une pollution par hydrocarbures qui aurait pu affecter les côtes françaises et espagnoles.

L’actualité prouve une fois de plus que « l’expédition maritime » n’est pas un vain mot et qu’armateurs, capitaines et équipages des navires marchands restent soumis aux mêmes aléas qu’aux siècles passés, malgré la redondance d’une technologie avancée, supposée exonérer de marins embarqués les navires de demain. L’utopie reste de mise dans certains bureaux d’études, pour des ingénieurs faisant abstraction des fureurs possibles de l’élément de base : l’eau salée !

Situation un peu semblable, moins dramatique cependant, du côté du navire ENSM qui poursuit sa route sans capitaine, avec un équipage qui colmate les brèches. Un appel à candidatures a été lancé le 28 novembre dernier pour recruter un nouveau Directeur général. Ce dernier, choisi parmi une bonne quinzaine de postulants, sera nommé par décret sur proposition du Ministre chargé de la mer, après avis du Conseil d’administration. Souhaitons bon vent à l’heureux élu !

Une bonne nouvelle au cœur d’une actualité toujours chahutée : la proposition de loi sur « la croissance bleue » rédigée par le député Arnaud Leroy a enfin été examinée en première lecture à l’Assemblée nationale et votée le 3 février. Toutes nos félicitations au député Leroy et à sa pugnacité : son texte a obtenu l’approbation des groupes socialistes et UDI, celui des Républicains et les Verts se sont abstenus, le Front de gauche ayant carrément voté contre. Les enjeux d’une relance des activités maritimes de notre pays n’ont hélas pas prévalu sur les clivages partisans de nos élus et les bancs très clairsemés de la Chambre des députés ont une fois encore montré l’absence d’intérêt d’une majorité des élus pour le monde maritime. Quoi qu’il en soit, l’adoption de ce texte devrait permettre de redonner espoir aux marins français, le « net wage » exonèrera les armateurs de charges sociales s’ils immatriculent leurs navires sous pavillon français.

JEUNE MARINE vient de tenir son Assemblée générale annuelle : elle a acté la volonté de la nouvelle association ACOMM-AENSM-HSM de conserver 2 revues pour la diffusion de ses nouvelles associatives : MMI (Marine Marchande Informations) d’une part et JEUNE MARINE d’autre part, en laissant le choix à ses adhérents d’opter pour l’une ou l’autre des publications. Cette décision ne sera pas sans conséquences sur la logistique éditoriale, dans la mesure où un tirage plus faible chez l’imprimeur génère des surcoûts de production. Pour éviter des dommages financiers collatéraux, misons sur des adhésions massives de la jeune génération ou tout simplement sur les bienfaits du bouche à oreille !

Bonne lecture !

Jacques Mével

pavillon francais EH

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