Éditorial Jeune Marine N°233

Depuis le 20 janvier où il passait sous la barre des 28 dollars, le baril de pétrole a fait une belle remontée ces dernières semaines, en franchissant même le seuil des 40 dollars à la mi-mars. Mais l’offre demeure surabondante (tous les réservoirs de stockage sont pleins à Rotterdam, plus de 50 tankers attendent au mouillage !) et le marché chinois tourne au ralenti : des données qui ne laissent pas entrevoir d’éclaircie dans le monde de l’offshore particulièrement frappé de plein fouet par cette crise du pétrole. Profitant de la dégradation du prix des soutes et face à des stocks surabondants, les ULCC et VLCC en provenance du golfe persique sont nombreux à court-circuiter le canal de Suez et, à nouveau, font le grand tour par le cap de Bonne-Espérance.

Les taux de fret sont globalement bas et les compagnies maritimes n’engrangent pas des profits faramineux « dans un obscurantisme ahurissant » comme elles étaient décrites dans une émission télévisée diffusée sur France 5 il y a quelques mois : 52 minutes à charge contre le milieu des armateurs, de la désinformation déconcertante ! A l’opposé, rares ont été les chaînes d’info à offrir leurs micros au député Arnaud Leroy pour présenter sa proposition de loi sur l’économie bleue à laquelle le Gouvernement était opposé. D’où le coup de gueule du député qui a qualifié la France de « deuxième impuissance maritime mondiale » et dénoncé le manque de soutien gouvernemental aux entreprises maritimes françaises. Ce qui pourrait expliquer pourquoi le Président François Hollande a reçu le 7 mars à l’Élysée une délégation d’Armateurs de France, une première dans l’histoire de la République.

« Les méga porte-conteneurs ne génèrent pas de méga économies », telles sont les conclusions d’un rapport tout juste publié par l’éminent cabinet londonien Drewry. Les prévisions 2016 du marché des conteneurs sont teintées de pessimisme du fait du ralentissement mondial de la consommation.

Fort heureusement, il existe une catégorie d’armateurs qui arrive à tirer son épingle de cette morosité généralisée : l’industrie de la croisière bat son plein et les compagnies de paquebots constituent une clientèle salvatrice pour les chantiers navals, à commencer par STX France de Saint-Nazaire ! Les carnets de commandes sont pleins, pour plusieurs années, et les méga paquebots sortent de cale, tel l’HARMONY OF THE SEAS qui vient de réaliser ses essais en mer à la plus grande satisfaction des chantiers de Saint-Nazaire et de l’armateur, le géant de la croisière RCCL. Les records sont battus : 362 mètres de long pour 8880 personnes embarquées, dont un peu plus de 2000 membres d’équipage !

La compagnie Aida Cruises n’est pas en reste et entend doubler sa capacité d’accueil à brève échéance ! Son président table sur 3 millions de passagers (uniquement allemands) à l’horizon 2020, sachant qu’en 2015 pas moins d’1.800.000 Allemands se sont offert une croisière, dont 800.000 sur l’un des 10 paquebots de sa compagnie. Paquebots au nombre de onze depuis la livraison le 14 mars du AIDA PRIMA, navire de 330 mètres de long qui pourra emporter 3300 passagers. Société de loisirs, quand tu nous tiens…

Une croisière d’un autre genre attend Patrice Laporte, il prendra prochainement ses nouvelles fonctions de Directeur général de l’ENSM. Ancien hydro, promotion 1976, DESMM en 1983, diplômé Supélec, Patrice Laporte nous vient tout droit du SHOM, après avoir travaillé chez Thomson. Sa candidature a été validée par le CA de l’ENSM, à l’unanimité moins une abstention : cela mérite d’être salué ! Un hydro à la tête de l’Hydro, nous ne pouvons que lui souhaiter bon vent !

Bonne lecture,

 

Jacques MEVEL

 

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