Éditorial Jeune Marine N°238

Écrire un édito est un exercice de style périlleux en pleine période électorale, d’autant plus qu’il est demandé à JEUNE MARINE de faire preuve d’une « relative neutralité politique », voir Courrier des lecteurs page 51.

Faut-il s’abstenir de tout commentaire sur le programme « mer » des candidats à l’élection présidentielle ? Certainement ! Je viens de relire mon édito du JM 214, paru en juin 2012 juste après l’élection de François Hollande : point de ministère de la Mer, comme prévu dans sa campagne électorale, beaucoup de promesses, beaucoup d’espoir avec la nomination de ministres issus de villes portuaires et dans lesquels le monde maritime portait quelque espoir et prise en considération. Seul le député Arnaud Leroy aura brillé par son engagement et son dynamisme pour tenter de relancer l’économie bleue.

En 2017, pléthore de candidats, des grands et des « petits », tout aussi méritants. Des programmes « mer », il y en a, pas autant que l’aurait souhaité la grande communauté maritime dans son ensemble. Monsieur Mélenchon, qui répond présent aux Assises de la mer depuis plusieurs années, apparait comme le seul candidat dont les discours n’oublient jamais l’économie de la mer. Ses adversaires se plient au jeu des questions-réponses des médias spécialisés, mais personne n’est dupe : la mer reste la grande absente de cette campagne présidentielle !

Fallait-il ne pas dénoncer les risques de transfert de technologie vers la Chine, dans le dossier de la vente par la Corée des chantiers STX France de Saint-Nazaire ? Il semblerait que l’accord conclu entre l’État français avec Fincantieri, tel qu’annoncé dans la soirée du 6 avril, ait rassuré les diverses composantes de l’intersyndicale de STX France.

Faut-il passer sous silence les absurdités du décret du 9 mars dernier relatif à l’affiliation à l’ENIM des « gens de mer marins résidant en France et embarqués sur un navire battant pavillon d’un État étranger, non soumis à la législation de sécurité sociale d’un État étranger en application des règlements de l’Union européenne ou d’accords internationaux de sécurité sociale, et leurs employeurs » ? Nous y reviendrons ultérieurement car l’entrée en vigueur de ce texte ne sera pas sans conséquences sur les recherches d’embarquement à l’étranger des élèves ou officiers, jeunes et moins jeunes. Déjà l’inquiétude se fait sentir chez les marins du yachting international.

JEUNE MARINE a toujours revendiqué son indépendance éditoriale, c’est selon ce principe – et celui du bénévolat – que la revue maintient le cap, depuis son premier numéro publié en octobre-novembre 1944. Le nombre des abonnés fluctue au gré des périodes fastes ou moroses de la marine marchande française, au gré aussi des alliances, comme avec l’association HYDRO en 1991, puis HSM et enfin en 2015, avec HYDROS, émanation de l’ACOMM-AENSM-HSM. HYDROS préfère valoriser sa propre revue MMI, avec une autre ligne éditoriale, au détriment de JEUNE MARINE. Nous constatons que l’ensemble des promesses, de tirage notamment, n’ont pas été tenues. À défaut d’un changement de cap significatif, JEUNE MARINE envisage de mettre prochainement un terme à la convention qui lie les deux associations.

Nous vous souhaitons une bonne lecture !

Jacques Mével

Présidentielles 2017: Y a-t-il un capitaine à la barre?

JM 238 Dessin Maclay édito

« Naviguer est une activité qui ne convient pas aux imposteurs.

Dans bien des professions, on ne peut faire illusion et bluffer en toute impunité. En bateau, on sait ou on ne sait pas. »

Eric Tabarly

 

 

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