Éditorial Jeune Marine N°239

Les dockers espagnols refusent de se mettre au diapason des instances européennes qui exigent du gouvernement espagnol que soit mis fin au système d’embauche prioritaire sur les quais : une partie de bras de fer qui dure et qui pénalise non seulement les ports de la péninsule ibérique mais aussi les ports européens dont les dockers soutiennent ponctuellement le combat de leurs homologues espagnols. Combat d’arrière-garde ou lutte contre la libéralisation en marche et son lot de casse sociale et de précarisation ?
Au Bénin, les syndicats des travailleurs publics du port autonome de Cotonou appellent à 72 nouvelles heures de grève pour s’opposer à la volonté de leur gouvernement de confier la gestion du port au secteur privé. Les salariés du privé continuent de travailler.
Peu de secteurs résistent au rouleau compresseur de la libéralisation dont les effets sont dévastateurs au niveau de l’emploi ; c’est pourtant l’argument inverse qui est martelé par les promoteurs de cette libéralisation sensée créer des milliers d’embauches. Les chiffres du chômage sont eux bien concrets et suscitent quelques
interrogations.
Le monde maritime constitue une affiche idéale de la libéralisation à outrance et de la mondialisation galopante : quittez le pont-promenade d’un paquebot dernière génération et osez vous perdre dans les entrailles d’un tel navire, si l’on vous y autorise ! Une véritable cité de Babel où l’homme est au service de l’homme. Le débat est ouvert !
Côté environnemental, les armateurs doivent aussi se plier aux nouvelles normes, particulièrement drastiques : de nombreux armateurs impliqués dans des trafics maritimes dans les zones SECA n’ont guère eu le choix que de faire transformer leurs navires pour réduire les émissions de gaz polluants, de soufre notamment. L’utilisation du GNL comme carburant principal se développe et il faut saluer l’énergie déployée par les ingénieurs navals pour proposer des solutions innovantes et pertinentes. Nos écoles d’Hydro constituent d’ailleurs un véritable creuset de matière grise, leurs ingénieurs dernière mouture produisent des mémoires pour le moins décapants.
Vous lirez dans nos pages un résumé succinct d’un mémoire sur l’étude d’un nouveau concept de navire de charge, le semi-submersible à sustentation (3S), qui a été développé dans le cadre du concours HydroContest 2014 par l’équipe de l’ENSM de Marseille. Le but de ce concours étudiant était de concevoir des navires économes en énergie, en imaginant de nouvelles formes de carènes. Le résultat est époustouflant. Dans le numéro de rentrée, JEUNE MARINE vous présentera un autre concept de navire de demain, rédigé par un autre étudiant de 5e année de Nantes.
Si l’on peut formuler un regret, c’est de constater, une fois de plus, que la lenteur et la frilosité de notre Administration franco-française nous ont fait rater le train de l’éolien en mer : si nous avions su, en la matière, emboiter le pas à nos voisins britanniques, allemands, danois ou hollandais, c’est par milliers que des emplois
auraient été créés et que nous aurions pu parler d’un pas franchi dans le développement des énergies renouvelables. Nucléaire, quand tu nous tiens !
Bonne lecture et bonnes vacances !
Jacques Mével

dessin edito jm 239c

ENIM obligatoire pour tous : les marins français sous pavillon international directement menacés !

 

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