ENSM : Recherche DG idéal: Vers une troisième erreur de casting !!! .

Une grande opacité entoure le recrutement d’un nouveau directeur général de l’ENSM, suite au départ de François Marendet fin novembre 2015, dont le mandat n’a pas été renouvelé. Les candidats avaient jusqu’au 28 décembre 2015 (30 jours après publication de l’avis de vacance de poste au JO), pour postuler auprès de la Directrice des Affaires Maritimes, Madame Régine Brehier.

Cependant nous avons enfin obtenu une réponse laconique à nos questions de la part de la DAM. La DAM a reçu dix-sept candidatures très différentes et variées  « enseignants, dirigeants d’établissement d’enseignement, anciens navigants ayant été formés à l’ENSM ou à l’École Navale, ingénieurs en poste dans l’administration territoriale, dans des établissements publics ou dans le privé ». C’est la bonne surprise.

La DAM précise que : «  Le processus de nomination est défini par le décret de création de l’école. Celui-ci précise que le directeur général est nommé par décret sur proposition du ministre chargé de la mer, après avis du conseil d’administration. » Ajoutant «  L’examen des dossiers est actuellement en cours, par l’administration ».

Dans la réalité, c’est le DGITM (Directeur général des infrastructures, des transports et de la mer), Monsieur François Poupard, ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts, qui est à la manœuvre. Il doit trouver le candidat idéal à proposer à la ministre de l’Écologie Madame Ségolène Royal, en espèrant que le conseil d’administration de l’ENSM donne un avis favorable.

Sur quels critères les dossiers sont actuellement analysés ? Ceux définis par l’avis de vacance (voir rubrique offre d’emploi) suffisamment généraliste pour convenir au plus grand nombre, ou des critères plus obscurs bénéficiant aux jeux de rôles des politiques et de l’administration au détriment de l’intérêt de l’École et de plusieurs promotions d’élèves sacrifiés. Y a-t-il au moins un professionnel de la marine marchande dans l’équipe chargée d’étudier les dossiers de candidatures ? Non !

top actu ensm aout 15

Il est temps que les principaux intéressés reprennent la main sur l’ENSM. Il y a urgence. Messieurs les Armateurs, vous êtes indirectement les clients de l’école en y recrutant vos futurs officiers. Même s’il est prévu que vous soyez consultés au Conseil d’Administration, c’est à vous d’imposer sans attendre les vraies compétences maritimes et managériales qui manquent tant depuis la mise en place de l’ENSM. Mesdames et Messieurs de l’Administration un peu de pragmatisme, acceptez de confier le navire à un vrai « Commandant », indépendant et responsable, connaissant parfaitement le milieu maritime, capable de maintenir la qualification STCW de l’enseignement maritime français. Mesdames et Messieurs les Politiques, cessez de tergiverser, assumez vos responsabilités face aux générations d’élèves de la marine marchande qui subissent l’inconséquence de vos choix ou de vos non-décisions. La remise en cause n’est pas signe de faiblesse, mais au contraire la preuve d’une intelligence et d’une volonté d’atteindre le bon objectif.

Aujourd’hui on peut très sérieusement douter du véritable objectif de l’ENSM. Former 80% de marins, afin de maintenir au mieux les compétences maritimes françaises et 20% d’ingénieurs qui iront rependre un peu d’iode à terre, ou bien l’inverse. Le profil du futur lauréat au poste de DG nous donnera un début de réponse.

Parmi les 17 candidatures, il y a très certainement le DG « idéal » pour l’ENSM. Mais l’erreur de casting pointe à l’horizon… Nommer comme Directeur général d’une école de navigation un ancien commandant ayant échoué son navire, avouez que cela ne manquerait pas de sel.

Jean-Vincent Dujoncquoy

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