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Cyberattaque sur un port Iranien

Quand le maritime sert de terrain de jeu aux conflits entre États.

À la mi-avril 2020, la compagnie maritime MSC basée à Genève a subi une cyber- attaque classique qui a rendu inopérant l’ensemble de ses services numériques commerciaux et techniques pendant plus de 6 jours. Toutes les grandes sociétés sont régulièrement la cible de cyberattaques, paralysant leurs sites internet, le temps de verser une rançon aux hackers à l’origine du blocage.

Le Financial Time rapporte une cyber attaque d’une tout autre envergure, où les deux protagonistes sont des États du Proche-Orient.

Début avril, un code informatique créé par l’Iran, a transité par des serveurs aux États-Unis et en Europe pour finalement prendre le contrôle d’une station de pompage d’eau au centre d’Israël. Les pompes très spécialisées de cette station de pompage ont commencé a avoir un fonctionnement erratique : mises en marche, arrêts, et plus inquiétant une augmentation de la quantité de chlore ajoutée à l’eau traitée.

Cette affaire rappelle la prise de contrôle des milliers de centrifugeuses iraniennes par un logiciel informatique envoyé par les services israéliens pour empêcher l’Iran de produire l’uranium 235 nécessaire à son programme d’armements nucléaires en 2010. Mais c’est peut-être la première fois qu’une cyberattaque entre les deux pays vise une infrastructure civile.

La réponse israélienne ne s’est pas fait attendre. En mai, une cyberattaque «  modeste » mais sophistiquée a visé le port de Shahid Rajaee, par lequel passe environ 50% du commerce maritime de l’Iran. On ne connaît pas précisément l’impact de cette cyberattaque sur le fonctionnement du port iranien, car son activité est traditionnellement chaotique en raison des sanctions qui paralysent l’économie iranienne.

©port&organisation maritime

Cet exemple montre que le transport maritime est une cible et un vecteur potentiel dans le grand jeu géopolitique international, dont les cyberattaques sont l’une des armes utilisées. La crainte ultime étant la prise de contrôle à distance d’un navire à des fins funestes.

 

 

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