Cette semaine, nous vous présentons la dernière équipe en lice à concourir dans le challenge HYDROCONTEST BY ENSM dans la catégorie Rétrofit : TRIBAT, un groupe d’étudiants de première année en génie maritime à l’ENSM de Nantes.
Une équipe soudée, née de deux promotions
Composée de neuf élèves issus majoritairement de classes préparatoires PT, l’équipe rassemble des étudiants des deux groupes de la promotion : Tribord et Bâbord — une dualité qui a inspiré leur nom. Encadrés par leur professeur de moteurs diesel, les membres de TRIBAT ont fait le choix d’un fonctionnement collaboratif et évolutif.
Plutôt que de s’attribuer des rôles fixes dès le départ, chacun a d’abord exploré ses propres idées. Progressivement, des sous-groupes se sont formés autour des pistes les plus prometteuses. Une organisation organique qui reflète leur volonté d’expérimenter et d’apprendre ensemble.
Leur motivation ? Comprendre concrètement le fonctionnement des porte-conteneurs, mais aussi appréhender les réalités économiques et opérationnelles qui freinent la transition écologique du secteur maritime.
Une approche pragmatique du rétrofit
Face aux contraintes imposées par le Retrofit Challenge, TRIBAT a rapidement adopté une démarche pragmatique. L’équipe a commencé par recenser les solutions techniques existantes compatibles avec le cahier des charges et leur niveau d’expertise.
Certaines pistes, comme l’optimisation de la carène, ont été écartées d’emblée, jugées trop ambitieuses pour une première année d’école d’ingénieur.
Après une phase d’exploration individuelle, trois solutions se sont imposées :
- le MOL PBCF, une modification d’hélice simple et peu coûteuse, offrant des gains modestes mais fiables ;
- le Kite Seawing, une technologie innovante avec un fort potentiel d’économie de carburant, mais encore difficile à quantifier ;
- le Carbon Capture, une solution ambitieuse, coûteuse et complexe, mais capable de répondre à elle seule aux objectifs environnementaux fixés.
En combinant ces options, TRIBAT a cherché à proposer un compromis réaliste entre performance, coût et niveau de risque — un enjeu clé pour les armateurs dans un contexte réglementaire en pleine évolution.
Entre manque de données et remise en question
Comme beaucoup d’équipes travaillant sur des technologies émergentes, TRIBAT a dû faire face à un obstacle majeur : le manque de données fiables.
Les solutions comme le kite ou le captage de carbone étant encore en développement, les informations disponibles sont limitées et souvent difficilement accessibles. Les étudiants ont donc dû s’appuyer sur des estimations et des extrapolations, parfois éloignées de leur cas d’étude.
Dans leur volonté d’aller plus loin, ils ont même tenté de développer leur propre outil de routage pour évaluer les performances du kite. Une initiative ambitieuse, mais finalement abandonnée face à sa complexité.
Une expérience formatrice, qui illustre bien les limites auxquelles sont confrontés les ingénieurs lorsqu’ils travaillent sur des technologies innovantes.
Une expérience humaine et professionnelle
Au-delà des aspects techniques, cette aventure a profondément marqué les membres de TRIBAT. Elle leur a permis de mesurer l’ampleur des défis liés à la transition énergétique du transport maritime, tant sur le plan économique que logistique.
Si cette expérience a soulevé de nombreuses questions — notamment sur la faisabilité de la neutralité carbone — elle a aussi renforcé leur envie de comprendre et d’agir.
À Marseille, lors de la rencontre avec les professionnels du secteur, l’équipe espère obtenir des réponses, mais aussi se faire remarquer. Car au-delà du projet, c’est aussi une première immersion dans le monde maritime, où le réseau joue un rôle déterminant.



