Quand Rose Le Goff embarque comme mécanicienne à bord du Korrigan, elle pense retrouver ce qu’elle connaît le mieux : le bruit régulier des moteurs, les routines de quart et la logique rassurante des machines.
Mais certains navires transportent autre chose que leur cargaison.
Au fil de la traversée entre l’Afrique du Sud et l’Australie, Rose remarque des incohérences, des détails trop petits pour être des preuves et trop nombreux pour être ignorés.
Face à elle, Alban Hirigoyen, commandant remplaçant aussi discret qu’insaisissable, semble savoir plus de choses qu’il n’en dit.
Entre suspicion et fascination, leur duo vacille, obligé de choisir entre s’unir ou sombrer.
Dans le huis clos d’un cargo en mer, les certitudes se déplacent comme la ligne d’horizon. Entre enquête technique, tension psychologique et aventure maritime, Rose découvre qu’à bord certains secrets ne sont pas seulement cachés dans les cales, mais aussi dans les décisions des hommes.
Les cales du Korrigan est le premier tome de L’Alliance d’Outremer, une série de thrillers maritimes qui mêle réalisme du monde embarqué, suspense et exploration des zones grises où se croisent transport, pouvoir et secrets.
Autoportrait de l’auteur
On me demande souvent pourquoi j’aime autant les bateaux. Peut-être parce que j’ai grandi entre l’île des thoniers et le fief de la Compagnie des Indes, avec la rade de Lorient au milieu. Autant dire que, côté destin, les dés étaient légèrement pipés. Il existait sûrement une petite route vers des choses plus terre à terre, mais elle ressemblait à cette option du livre dont vous êtes le héros qui vous amène au mot FIN en deux paragraphes.
Alors je suis montée sur des navires. J’y ai découvert des moteurs gigantesques, des océans immenses, des marins bourrus qui savent dire bonjour en grognant, et des réveils beaucoup trop matinaux pour être honnêtes. J’ai même fini chef mécanicienne. Avec des couettes. Officiellement, pour éviter que mes cheveux ne finissent dans la graisse. Officieusement, parce que j’ai toujours eu tendance à faire les choses à ma manière, surtout quand le manuel avait oublié ce chapitre.
Mon rapport aux bateaux est peut-être excessif. J’essaie de compenser par la lecture. Parfois, je lis même des histoires qui se passent à la campagne, preuve que je sais faire des efforts.
Puis, un jour, après avoir mis mon sac à terre, j’ai eu l’idée saugrenue de prendre la barre : j’ai commencé à écrire. J’ai vite compris qu’une histoire ressemble beaucoup à un bateau : il lui faut une coque solide, un cap, un équipage qui tienne debout et une intrigue qui ne prenne pas l’eau à la première vague.
Je ris facilement, sans doute parce qu’entre les bateaux, les machines, les livres et les personnages, j’ai appris une chose essentielle : rien ne se passe jamais tout à fait comme prévu. Je ne leur en veux pas : sans eux, j’aurais beaucoup moins d’histoires à raconter, et beaucoup trop de temps pour ranger mon bureau.
Le questionnaire de Jeune Marine
Jeune Marine : quel est le livre qui a le plus influencé ton écriture maritime ?
Klervi KERYHUEL : S’il faut choisir, je citerais sans hésiter Jules Verne et Clive Cussler : Jules Verne pour sa capacité à faire rêver avec la technique ; Clive Cussler pour le rythme, le goût du terrain, les enquêtes maritimes.
Jeune Marine : quel est l’objet ou l’image qui t’accompagne quand tu écris ?
Klervi KERHYUEL : Ce n’est ni un tableau, ni un objet. C’est la vue de mon bureau. Depuis ma fenêtre, je vois l’entrée de la rade de Lorient. Au premier regard, c’est calme : l’eau, les bateaux de plaisance, la lumière qui change avec les heures. Mais au loin passent aussi des navires qui viennent de quelque part, vont quelque part et transportent des gens, des contraintes, des histoires, parfois des secrets.
Jeune Marine : quel est ton processus de création ?
Klervi KERYHUEL : J’écris probablement comme une mécanicienne plus que comme une romancière. Je construis d’abord le lieu, les contraintes, la chronologie, les itinéraires, ce qui est techniquement possible ou impossible. Ensuite seulement j’installe les personnages dedans et je regarde ce qu’ils font quand quelque chose commence à ne plus fonctionner. Puis vient la phase la plus difficile : relire. Retirer les phrases qui expliquent trop. Reprendre les autres pour qu’elles embarquent le lecteur. Ajuster les mots.
Bibliographie
Les cales du Korrigan (L’Alliance d’Outremer – Tome 1) – 2026
Retrouvez l’ouvrage de l’auteur sur le site des Éditions Jeune Marine : https://jeunemarine.fr/jeune-marine/les-editions-jeune-marine/




