InterviewJeune Marine N°284Marine marchande

Entretien avec Clément TREHIOU

Second Mécanicien à bord de navires LD Armateurs

Cette semaine, nous avons eu le plaisir d’échanger avec Clément TREHIOU, 2nd mécanicien à bord des navires LD Armateurs. Au cours de cet entretien, nous sommes revenus sur les innovations technologiques qui font des SOV des navires uniques, le quotidien d’un second mécanicien au service de l’éolien offshore, les nouvelles unités actuellement en construction chez LD Armateurs, ainsi que les formations et les perspectives de carrière pour les futurs officiers souhaitant embarquer sur ces navires d’exception.
 
Wind of Hope © F.P. Cubadda
Wind of Hope © F.P. Cubadda
 
Aymeric AVISSE : Bonjour Clément, ravi de te revoir. Il faut bien l’avouer, ton poste fait rêver bon nombre d’officiers passionnés par les nouvelles technologies. Tu es 2nd mécanicien à bord des navires de LD Armateurs, et plus particulièrement sur les SOV. Peux-tu m’expliquer ce qui fait la particularité de ces navires ?
 
Clément TREHIOU : Bonjour Aymeric, effectivement le rôle de ces SOV est de servir de véritable base de vie et de travail pour les équipes de maintenance qui interviennent sur les parcs éoliens offshore. Les techniciens en charge de celle-ci sont transférés quotidiennement sur les éoliennes.
 
Ce qui impressionne le plus lorsqu’on découvre ces navires, c’est leur capacité à travailler en situation rapprochée et dans des conditions où un navire classique aurait beaucoup plus de difficultés.
 
Grâce à une passerelle et une grue toutes deux compensées, les techniciens peuvent rejoindre directement ces éoliennes depuis le navire avec leur matériel, même lorsque la mer est déjà bien formée. C’est assez spectaculaire à observer les premières fois.
 
Du côté de la machine, la grande particularité réside dans deux parcs à batteries. Elles améliorent considérablement la sécurité et la fiabilité du navire tout en réduisant notre consommation de carburant. Par exemple, lorsque nous travaillons à une trentaine de mètres d’une éolienne, nous devons être capables de réagir immédiatement à la moindre situation. Sans ces batteries, nous serions contraints de faire fonctionner davantage de groupes électrogènes en permanence pour garantir cette sécurité.
Clément TREHIOU – 2nd mécanicient LD Armateurs – crédit photo : LD Armateurs

Aymeric AVISSE : C’est donc une approche totalement disruptive d’un embarquement, tu es au service de l’exploitation des champs éoliens, quel est le quotidien de l’exploitation de ces navires 2.0 et quelles sont vos régions d’action ? 

 
Clément TREHIOU : Notre quotidien est entièrement rythmé par les opérations de maintenance des éoliennes. Chaque journée s’organise autour des interventions des techniciens et des conditions de la mer.
 
Nous opérons actuellement en mer du Nord. Depuis le port d’Emden, en Allemagne nous faisons route vers les différents champs de la région pour des campagnes de deux semaines qui s’enchaînent toute l’année.
 
Les techniciens vivent avec nous à bord. Selon les situations, ils sont transférés directement depuis le navire ou récupérés par des Crew Transfer Vessels (CTV). Cela demande une coordination permanente de l’équipage quel que soit le service où le marin est affecté.
 
Pour nous, mécaniciens, une grande partie du travail consiste à anticiper. Il faut que tous les équipements soient disponibles à tout moment, qu’il s’agisse des installations techniques essentielles à la navigation et aux opérations afin de maintenir la sécurité de tous ou simplement des équipements de vie du bord.
 
Aymeric AVISSE : Les « Wind » sont au nombre de 2 en flotte à cette heure, de nouvelles unités sont d’ores et déjà en construction, peux-tu nous dire combien et nous décrire leurs particularités par rapport aux deux unités existantes ? 
 
Clément TREHIOU : Pour le moment deux nouveaux SOVs sont en construction, le Wind of Ocean et le Wind of Energy, pour le compte du client Vattenfall. Le Wind of Ocean entrera en service à la mi-2027 sur les parcs éoliens offshore DanTysk et Sandbank. Le Wind of Energy débutera ses opérations avant la fin de l’année 2027, en intervenant sur les parcs Nordlicht 1 et 2. Ces navires s’inscrivent dans la continuité des Wind of Change et Wind of Hope, en allant encore plus loin. L’objectif est de réduire davantage la consommation de carburant, donc leurs impacts en matière d’émissions, et d’améliorer les performances opérationnelles. Ils seront équipés des technologies les plus récentes, notamment d’une passerelle d’accès de nouvelle génération et d’une grue 3D à compensation de mouvement. Un système de positionnement dynamique de haut niveau, associé à quatre propulseurs azimutaux, garantira une manœuvrabilité exceptionnelle dans des conditions exigeantes telles que celles de la mer du Nord. 
 
Au-delà des performances techniques, un soin particulier a été apporté au confort des équipages et à l’organisation des espaces de vie. Lorsque l’on passe plusieurs semaines à bord, ces aspects sont loin d’être secondaires.
 
Je trouve intéressant que plusieurs chefs mécaniciens de LDA ont été associés au projet avant la validation des plans pour avoir leur retour d’expérience acquis à bord des deux premiers « Wind ». Ils vont participer également aux essais et au commissioning des navires en chantier.
 
Aymeric AVISSE: Quelles sont les qualifications et les formations requises pour rejoindre les équipes de LD Armateurs à bord de ces navires ? Quels sont les différents postes proposés et quelles sont les rotations d’embarquement ?
 
Clément TREHIOU : Les officiers français embarquent aujourd’hui sur ces navires avec des rotations de six semaines embarquées suivies de six semaines de repos. Personnellement, je trouve que cela permet de conserver un bon équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.
 
J’ai suivi la filière polyvalente à l’ENSM avant d’embarquer comme troisième mécanicien avec un brevet de chef de quart. Ce parcours m’a offert une vision globale de l’exploitation du navire, mais ce n’est pas la seule voie pour nous rejoindre. La formation polyvalente de l’ENSM Marseille prépare les élèves à exercer aussi bien des fonctions au pont qu’à la machine durant le cursus, avant de se spécialiser. Elle offre une vision globale de l’exploitation du navire autant au pont qu’a la machine. La formation monovalente de l’ENSM Saint-Malo est, quant à elle, entièrement orientée vers la machine. Les élèves se spécialisent dès le début dans la conduite, la maintenance et la gestion des installations propulsives et des équipements techniques du navire, pour devenir officier mécanicien. Ces deux filières peuvent conduire, à terme, au poste de Chef Mécanicien.
 
Une autre possibilité existe également à l’école maritime d’Anvers, en Belgique. Il n’y a pas de parcours idéal : chacun répond à des profils et à des envies différentes.  Le point fort de chacune de ces formations réside dans les périodes d’embarquement à valider en tant qu’élève à bord des navires. Ces périodes permettent de découvrir la réalité du métier dans un milieu international, et apportent une expérience et un éveil qu’aucun cours ne peut remplacer.
 
Cet entretien vous a donné envie d’en apprendre davantage sur la compagnie LD Armateurs? N’hésitez pas à la contacter pour découvrir les opportunités offertes.
 

 

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