Il faut saluer le courage de Pierre-Yves LARRIEU à plus d’un titre :
- Construire et rédiger un dictionnaire spécialisé est un ouvrage de bagnard qui exige une structure mentale hors du commun et une patience à la hauteur de la rigueur que ce travail exige.
- Proposer un dictionnaire classique sous une forme papier en 2026 semble aller à l’encontre des modes d’édition actuels, et pourtant…
L’ancien professeur d’Hydro, qui continue d’exercer sa grande expertise dans le milieu maritime, nous livre donc un Dictionnaire professionnel maritime anglais – français qui est plus qu’un Larousse revisité car il est structuré pour apporter aux professionnels, dont les navigants, un service immédiat et efficace, en particulier grâce à :
- Des chapitres construits par thèmes, ce qui facilite beaucoup la recherche, car l’officier qui prépare ses manœuvres trouvera tous les termes adéquats rassemblés, tandis que le transitaire ira directement consulter le chapitre « Manutention & préservation de la cargaison ».
- Un long chapitre dédié aux acronymes et abréviations, cette novlangue qui se développe plus vite que les concepts concernés. Le marin décryptant un contrat de transport sera soulagé d’apprendre que « BBB » ne fait pas référence à une actrice récemment décédée mais signifie : « Before Breaking Bulk ». Ayant pratiqué plusieurs autres métiers où les acronymes obscurs fleurissent afin que seuls les initiés les comprennent, j’ai été surpris de la volumineuse récolte maritime que Pierre-Yves Larrieu a pu en faire.
- Un index alphabétique complet en fin d’ouvrage pour guider le lecteur égaré vers le bon chapitre en partant du seul mot lu ou entendu.
- Des planches techniques bienvenues pour restituer le terme anglais autant que sa traduction française. Trouver le « compression ring » directement sur la coupe de l’attelage Pielstick PA4 est plus rapide et plus plaisant que de rechercher la traduction de « segment de compression ». Si les termes les plus actuels figurent dans ce nouveau dictionnaire, l’auteur fait un clin d’œil aux traditions en nous offrant une planche dédiée aux nœuds (matelotage) et une autre au gréement des vieux voiliers.
La question est sur toutes les lèvres des Modernes : mais pourquoi faire imprimer un tel ouvrage quand une requête sur Internet rend le même service ? Parce qu’il existe une différence fondamentale entre les formes numérique et imprimée : on interroge un dictionnaire en ligne et on consulte un dictionnaire papier. Dans le premier cas, la réponse tombe, isolée et froide, prête à l’emploi mais sans intelligence ajoutée, quand le dictionnaire de Pierre-Yves Larrieu livre la réponse dans son contexte et invite à pousser plus loin sa recherche avec une valeur pédagogique évidente, car on n’a jamais fini d’apprendre. Consulter un livre nourrit mieux notre mémoire visuelle qu’interroger un système volatil qui s’en tient à la stricte question posée.
Il faut aimer les dictionnaires comme les cartes. Ce sont des outils qui ouvrent l’esprit, invitent au voyage à travers les mots et les dessins et nourrissent l’insatiable curiosité de l’humain.
J’avais déjà sur mon bureau le célèbre dictionnaire de Paasch : De la quille à la pomme de mât, anglais – français – allemand (1901) avec ses superbes illustrations et le tout nouveau Dictionnaire culturel de la mer et de la marine, par Pascal-Raphaël Ambrogi (Prix Jean Lorreau 2026). Je peux désormais y ajouter le Dictionnaire professionnel Maritime. Merci Pierre-Yves Larrieu !
Dictionnaire professionnel Maritime Anglais => Français
Pierre-Yves LARRIEU
Éditions Maritimes d’Oléron




