Jeune Marine N°274Offshore

Actualité Offshore N° 274

L’armateur hollandais ALLSEAS a battu un nouveau record dans la construction offshore : non pas dans le domaine du levage, où son navire amiral Pioneering Spirit domine sa catégorie, mais cette fois dans celui de la pose de pipeline. La compagnie travaille sur le projet gazier Santos, au large de l’Australie, avec plusieurs navires (les Audacia, Fortitude, Fortress, Alegria et Felicity). A cette occasion, et après plusieurs années d’engineering en interne, ALLSEAS a pu faire une pose en S (passant par le « stinger », appendice extérieur à la poupe du navire) de pipeline de 26 pouces de diamètre depuis le navire Audacia. Ce pipeline de 262km de long a été posé au large de Darwin, pour y raccorder le terminal LNG.

Audacia © Allseas

Le démantèlement de vieilles plateformes pétrolières se poursuit dans les pays bordés par la mer du Nord. La compagnie norvégienne AKER Solutions a développé une technique utilisant des explosifs sur son chantier (ex-Kvaerner) lors de la démolition à terre de la plateforme Gyda de 29.000 tonnes (démontée en mer par le navire Pioneering Spirit pour le compte du pétrolier REPSOL), débutée en 2021. Apres l’usage d’explosifs, les divers éléments au sol sont découpés : les métaux sont recyclés à hauteur de 98%.

Gyda platform © Aker Solutions

Le secteur de la pose de câble (tant énergie que fibre optique) est en plein boom, avec une flotte vieillissante à renouveler et en tenant compte de la transition énergétique du secteur maritime. C’est ainsi que le chantier ULSTEIN, leader dans le design de navire offshore propose le design SX225, avec une étrave X-Bow, une propulsion hybride (comprenant batteries et moteurs fonctionnant au méthanol), une propulsion par 6 propulseurs azimutaux (comme les navires de forage à positionnement dynamique). Ce câblier de 170m de long, pourra transporter 20.000t de câble.

© Ulstein

Le premier navire d’installation d’éoliennes offshore construit aux États-Unis (dans le cadre du « Jones Act ») a été lancé au chantier SEATRIUM de Brownsville au Texas. Pour ce lancement, 3 barges semi-submersibles de BOA Offshore ont été utilisées en levage combiné, une première en la matière, pour la mise à l’eau des 26.000T du navire Jack-up Charybdis de l’armement Dominion. Ce navire, de type Jackup, en appelle d’autres :   pour rappel, en France, qui compte de nombreux projets de fermes éoliennes offshore, l’installation se fait par des navires d’armateurs nord-européens avec des navires construits en Asie, une belle occasion de perdue, tant pour les chantiers que les armateurs français.

© BOA Offshore

La compagnie Asso.Subsea a raccordé les éoliennes flottantes de Provence Grand large, ancrées par 100m de fonds (3 turbines de 8MW de Siemens-Gamesa). Le navire Atalanti a tiré et ensouillé les 21km de câble (fourni par l’Italien Pryzmian) vers Port-Saint-Louis-du-Rhône : il avait été spécifiquement transformé pour ce projet en y installant le chemin de câble. L’armateur grec compte 2 navires câbliers et plusieurs navires de soutien, notamment pour l’ensouillage de câble au moyen de ses propres engins sous-marins (ROVs ou trancheuses).


Le chantier de réparation navale sud-africain DORMAC profite du boom de l’offshore pétrolier au large de la Namibie (notamment avec TotalEnergies qui y installera prochainement un FPSO de 180.000 barils/jour) et pourrait y utiliser son innovant dock flottant en composite. Le DORMAC Dock-1 peut soulever 8500T (tirant d’eau de 5,8m pour une submersion maximale de 7m), des navires jusqu’à 155m de long pour 24m de large ; il est doté de 2 grues de 7,5T à 16m. Il pourrait ainsi se développer au-delà des ports du Cap et de Durban, où il y gère ses équipements fixes. A Walvis Bay, le chantier a également des équipes certifiées pouvant embarquer sur les plateformes offshore en opération.

DORMAC Dock

Le pétrolier français TotalEnergies va construire un hub d’export de gaz naturel au sultanat d’Oman : dans une stratégie « multi-énergies », combinant énergie fossile et renouvelable, ce hub sera alimenté électriquement par une centrale solaire de 300MW. Le projet Marsa LNG associera un autre Français, Technip Energies, pour la construction du train de liquéfaction dans le port de Sohar, d’une capacité d’1 milliard de tonnes annuel, visant principalement le ravitaillement des navires de commerce propulsés au gaz.


La compagnie italienne SAIPEM a battu un record de plongée en opérant son drone sous-marin Hydrone-R, en immersion pendant 167 jours. Contrôlé depuis le centre opérationnel de Stavanger, via un relais de communication depuis une plateforme offshore, le drone a inspecté les infrastructures sous-marines du pétrolier norvégien Equinor. Ce projet, signé en 2019 pour une durée de 10 ans, était le premier de ce type dans l’exploration offshore. La suite sera le lancement prochain de l’ Hydrone-W, drone sous-marin électrique, plus puissant, qui pourra être exploité en tandem avec l’ Hydrone-R.

© Saipems underwater drone

Les 3 éoliennes flottantes ancrées dans le golfe du Lion (au large de Leucate) viennent d’être raccordées au réseau terrestre RTE : un câble de 63.000V a été ensouillé sur 19km et tiré sur la plage. Ces éoliennes de 10MW chacune couvriront les besoins annuels en électricité de 50.000 habitants de ce littoral. Le navire norvégien Viking Neptune, 145m de long, a été affrété par RTE pour cette opération. Il est opéré depuis fin 2022 par l’armement belge DEME, il peut stocker 4500T de câble sous le pont principal avec la possibilité de rajouter un carrousel de 7500T de câble supplémentaire sur son pont.

© EFLG

Le Français Aircat vessels, associé au chantier singapourien Strategic Marine et au cabinet norvégien d’architecture navale ESNA, va construire 3 navires « à effet de surface », 35m de long, en aluminium pour les relèves d’équipage offshore (du type « surfers » de l’armement Bourbon). Pouvant atteindre 50 nœuds et opérer par des creux de 2,5m, ces navires innovants misent sur le marché pétrolier et l’éolien. Le navire à « effet de surface » est un mixte d’hovercraft (coussin d’air) et de catamaran. La compagnie, basée à Bayonne, décline ce navire de 20 à 35m, pour transport de personnel ou de cargaison.

© Aircat Vessels SES

L’armement belge Jan de Nul, autrefois spécialisé dans le dragage, poursuit son développement dans la pose de câble énergie avec la commande d’un autre navire câblier (sister-ship du Fleming Jenkin, géant de 215m de long) pour une livraison en 2026 (et déjà un contrat). Ce sera le cinquième câblier de l’armement qui peut déjà se vanter d’avoir installé près de 2500km de câbles sous-marins dans 25 pays en une décennie d’activité câblière, profitant du boom mondial de l’éolien offshore. Il est à regretter que les armements français aient manqué ce rendez-vous, se contentant de la pose et réparation de câbles de communication avec une flotte vieillissante (la majorité des navires frôlant les 25 ans).

© Jan de Nul

La société chinoise OrienSpace a lancé sa première fusée spatiale Gravity-1 depuis un navire, en début d’année. Il est actuellement le lanceur chinois le plus puissant, avec 6,5T en orbite basse, mais son successeur Gravity-2 est prévu pour 26T. Le navire support Defu 15002, de 125m de long, a permis, depuis la mer Jaune, le lancement de 3 satellites, premiers d’une future constellation exploitée pour des données météorologiques. Ce type de lancement spatial/maritime s’inspire de ce que les Américains ont déjà développé au large de la Californie, il y a une vingtaine d’années.

© OrienSpace

 


 

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