ConférenceJeune Marine N°284

8ème édition de la fête de la mer et des littoraux : Replay de la conférence Planète sans plastique

À l’occasion de la 8e édition de la Fête de la mer et des littoraux, la dernière des conférences de Roquelaure s’est intéressée à l’un des défis majeurs pour la santé de l’océan : la pollution plastique. Animée par Sophie PANONACLE et Aymeric AVISSE , cette rencontre a permis de croiser les regards de la recherche, de l’économie, de la diplomatie et des porteurs de solutions autour d’une question centrale : comment réduire l’impact du plastique et accélérer le passage à l’action ?

Pour en débattre, la conférence a réuni Wilfried SANCHEZ, docteur en écotoxicologie et coordinateur à l’Ifremer ; Marine COLLIGNON, sous-directrice adjointe de l’environnement et du climat au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ; Frédéric PERRIN, directeur de l’Institut français des huiles végétales pures ; ainsi que Peter BORKEY, responsable de l’économie circulaire à la direction de l’environnement de l’OCDE, et Ruben BIBAS, économiste de l’environnement à l’OCDE. Des profils complémentaires pour aborder la pollution plastique de sa production jusqu’à ses conséquences environnementales et aux réponses politiques à mettre en œuvre.

Agir sur tout le cycle de vie du plastique

Premier temps fort de la conférence : l’état des lieux dressé par Peter BORKEY et Ruben BIBAS. Les travaux de l’OCDE alimentent notamment les négociations internationales sur la pollution plastique. Leur intervention a mis en avant la nécessité d’une réponse globale : la gestion des déchets et le recyclage sont indispensables, mais ils doivent s’accompagner de mesures agissant plus en amont, sur la production et l’utilisation des plastiques.

Un effort qui, selon l’OCDE, apparaît économiquement envisageable. Les échanges ont notamment porté sur le coût des politiques nécessaires pour réduire la pollution plastique, mais aussi sur les bénéfices environnementaux et sanitaires attendus. Certains de ces bénéfices restent encore difficiles à chiffrer, ce qui renforce le besoin de poursuivre les travaux scientifiques et économiques.

La recherche face au défi des alternatives

Wilfried SANCHEZ a justement insisté sur le rôle de la science. Si les chercheurs connaissent de mieux en mieux la présence et les effets des plastiques dans l’environnement marin, les travaux consacrés aux solutions restent encore insuffisants. Lors d’une conférence scientifique organisée à Nice réunissant plus de 2 000 chercheurs issus de plus de 100 pays, la thématique des solutions était ainsi encore très peu représentée.

Pour le chercheur, développer de nouveaux matériaux ne suffit pas : il faut aussi vérifier leur durabilité, leur toxicité et leur comportement une fois dans l’environnement. Cela suppose de « casser les silos » entre sciences marines, ingénierie et sciences des matériaux afin de concevoir des alternatives réellement plus vertueuses.

Des solutions à expérimenter sur le terrain

Frédéric PERRIN a prolongé cette réflexion en insistant sur la nécessité de passer de la recherche à la démonstration. À travers le projet PlastiGarbi, il défend l’importance de développer des projets concrets, de mettre en réseau les acteurs et de rassembler les données permettant de démontrer que des solutions sont possibles.

Il a également rappelé que la transition doit intégrer plusieurs dimensions : environnementales bien sûr, mais aussi sociales, économiques, réglementaires et fiscales. Autant de paramètres à prendre en compte pour permettre aux solutions expérimentées localement de changer d’échelle.

Un traité mondial toujours en négociation

Marine COLLIGNON a enfin replacé le débat à l’échelle internationale. Lancées en 2022 sous l’égide des Nations unies, les négociations pour élaborer un traité juridiquement contraignant contre la pollution plastique n’ont pas encore abouti. La France défend un accord qui couvre l’ensemble du cycle de vie du plastique, alors que certains États souhaitent concentrer les efforts sur la seule gestion des déchets.

Marine COLLIGNON a également souligné l’importance de conserver une place pour la société civile dans les négociations et de garantir leur transparence. L’ambition française reste de parvenir à un traité ambitieux en 2027.

Au terme des échanges, un message commun s’est dégagé : aucune solution ne pourra, à elle seule, répondre à la pollution plastique. Réduire à la source, améliorer la connaissance scientifique, développer et tester des alternatives, accompagner les acteurs économiques et construire des règles internationales communes sont autant de leviers à mobiliser simultanément.

Une approche collective qui résume bien l’esprit de cette dernière conférence : faire dialoguer science, terrain, économie et décision publique pour transformer les constats en solutions.

Ces formats sont interactifs. N’hésitez pas à liker, à commenter et à repartager.

Bon visionnage ! 

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