Actualité MaritimeActualités

Quand un anniversaire et la recherche d’une connexion WiFi avec le monde extérieur conduisent à l’échouage!!!

 Échouement du Wakashio à l’île Maurice: Vers un début d’explication ???

Depuis la soirée du 25 juillet, nombre d’entre nous s’interrogeaient sur les raisons de l’échouement du vraquier panaméen Wakashio sur le récif corallien à 900 m au large de la Pointe-d’Esny, au sud de l’île Maurice …beau temps, belle mer, route transocéanique de Singapour au Brésil passant largement au sud de l’île, pourquoi chercher à se rapprocher des dangers ?

Les révélations du journal mauricien l’Express font l’effet d’une bombe à Maurice, mais vont probablement avoir des répercussions sur l’ensemble de la profession (comme le fameux Costa Concordia venu saluer un îlot au large de l’Italie NDLR). Selon les enquêteurs qui ont interrogé les membres de l’équipage du navire japonais battant pavillon panaméen, l’équipage fêtait l’anniversaire d’un membre d’équipage et s’était rapproché des côtes mauriciennes pour obtenir une connexion Wifi juste avant l’échouement du vraquier sur un récif au large de la côte sud de l’île.

Les autorités locales ont dans un premier temps affirmé avoir essayé en vain de contacter le navire avant l’accident pour l’avertir qu’il était sur une mauvaise route. Il s’avère que l’équipage occupé par l’anniversaire n’a donc pas reçu les premiers appels urgents. Elles ont soumis l’idée ensuite d’une mutinerie à bord !!!

Quant à l’autorité maritime du Panama, elle a suggéré que le navire avait rencontré des difficultés à cause du mauvais temps, alors que toutes les données ont montré qu’il n’y avait pas de mauvais temps autour du sud de l’île Maurice au moment de l’accident.

Le Wakashio, sur le point de se disloquer, a depuis déversé environ 1 000 tonnes de fioul de soute sur un total d’environ 3800 tonnes, créant ainsi la plus grande catastrophe écologique de l’île Maurice.

©FAZSOI La Reunion

Le Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth a annoncé que la quasi-totalité du pétrole à l’intérieur des réservoirs du navire a été pompée, résultat d’un travail acharné de la part des autorités ces derniers jours, mais surtout de la mobilisation de la population de l’aide internationale notamment française de puis l’île de la Réunion, et de l’engagement responsable de l’armateur japonais la compagnie japonaise Nagashiki Shipping, exploité par Mitsui OSK qui a déclaré le 11 août : « Nous ferons tout notre possible pour résoudre la situation rapidement« .

Le reste de soute carburant a été transféré à terre, et sur un autre navire par son propriétaire japonais, Nagashiki Shipping.

C’est probablement l’engagement de la population locale, qui pour combattre la pollution qui a fait bouger le gouvernement mauricien. Les habitants ont fait preuve d’une résilience croissante, les feuilles de canne à sucre, les bouteilles en plastique et les cheveux humains étant tricotés pour former des barrages flottants.

©FAZSOI La Reunion

Plusieurs questions demeurent :

  • Quand un navire s’échoue sur un récif corallien, l’urgence est de le stabiliser, puis de tenter rapidement une opération de sauvetage, car la houle le porte à chaque marée haute un peu plus à l’intérieur du récif, rendant son déséchouement impossible. À décharge des autorités mauriciennes et de l’armateur, un vraquier lège de cette taille qui monte sur le récif à 11 nœuds, c’est un vrai « hara-kiri ».(voir l’affaire du Kéa Trader échoué sur le récif Durand en Nouvelle-Calédonie en juillet 2017, qui termine de se disloquer à sa position trois ans après. À lire dans le JM 240, https://jeunemarine.fr/produit/jeune-marine-n240/).
  • La compagnie Mitsui OSK Lines a déjà été impliquée dans des accidents au large de l’île Maurice, dont une marée noire en 2006, ce qui suscite de nombreuses critiques de la part des ONG environnementales. Le Wakashio, lancé en 2007, avait passé sans problème son inspection annuelle en mars, selon ClassNK.

En attendant, le capitaine de 58 ans du malheureux Wakashio va être probablement accusé de négligence au minimum, et indirectement les navigants vont subir l’opprobre des médias, alors qu’ils sont déjà plongés dans une crise humanitaire dramatique loin des projecteurs et des côtes avec la pandémie du COVID19.

 

 

 

 

 

 

 

Afficher plus

Nos abonnés lisent aussi...

Bouton retour en haut de la page