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Jamais 2 sans 3 ! Les autorités françaises arraisonnent une nouvelle fois le vraquier Trudy en Manche

Le Trudy se souviendra de son aventure en Europe, durant ce mois d’octobre 2021, où il a défrayé la chronique dans la rubrique trafic de drogue.

En route du Brésil vers Anvers avec une cargaison de kaolin, le vraquier Trudy, handysize de 30 800 tpl, sous pavillon du Liberia, propriété de l’armateur allemand Minship shipmanagement et géré par Columbia shipmanagement à Hambourg a été intercepté au large de Dunkerque par la vedette des Douanes le 1 er octobre, à la suite d’un renseignement exploité par le centre opérationnel douanier maritime à Nantes.

Le 6 octobre, le ministre délégué responsable des comptes publics, Olivier Dussopt, annonce la saisie « la plus importante réalisée dans les eaux territoriales françaises dans l’Hexagone depuis 2018 ». Les douaniers ont découvert dans une cale du navire 40 sacs renfermant de la cocaïne, dissimulés derrière une cloison. Total 1 127 kg de drogue saisie, d’une valeur estimée d’environ 60 millions d’euros.

Sur un équipage de vingt personnes, de nationalités russe, ukrainienne, philippine et éthiopienne, dont le capitaine roumain, 19 ont été mis en examen au tribunal judiciaire de Paris, pour « importation de stupéfiants en bande organisée », « trafic de stupéfiants », « association de malfaiteurs » et « importation et détention de marchandises dangereuses pour la santé publique ». Rapidement, Columbia shipmanagement a envoyé un second équipage à bord du Trudy, immobilisé au terminal Seabulk, au quai à pondéreux sud, en zone protégée du port de Dunkerque.

Rebondissement dans la nuit du 10 au 11 octobre, le vraquier Trudy a été pris d’assaut par un groupe d’hommes armés parvenu à pénétrer dans l’enceinte portuaire par voie terrestre. La dizaine d’hommes, cagoulés et armés, a ligoté et séquestré l’équipage entre 2h et 5h du matin. Quelques marins du nouvel équipage ont subi des actes de violence. Le capitaine a été forcé d’accompagner une fouille du navire. Le commando avait déjà fui le quai à pondéreux du terminal Seabulk, quand la Gendarmerie Maritime est arrivée sur place. Les raisons « évidentes » de cette attaque vont apparaître quelques jours plus tard à Rotterdam.

Le Trudy est arrivé à Rotterdam le 26 octobre, après avoir déchargé sa cargaison de kaolin à Anvers, pour effectuer une troisième relève d’équipage, le second ayant été largement contaminé par le COVID. Une personne (docker ou marin ?) a trouvé des colis suspects et a alerté la police néerlandaise, qui a découvert 529 kilos de cocaïne, cachés dans une cale.

L’attaque du commando à Dunkerque était probablement motivée par la récupération en urgence de ce lot de cocaïne qui était passé entre les mailles de la fouille des Douanes françaises début octobre. Ce qui expliquerait la détermination des membres du commando, armé et s’exprimant en anglais.

Le navire n’a pas été retenu, il a quitté Rotterdam dans un délai très court pour un vraquier, le même jour, dans la soirée, à destination de Canakkale en Turquie. Procédure inhabituelle de la part des autorités hollandaises.

©capture Marine trafic

Le lendemain, mercredi 27 octobre, dans l’après-midi, le Trudy est à nouveau intercepté dans les eaux internationales au sud-est de l’île de Wight et dérouté sur le port du Havre, où il est arrivé le 28 octobre à 08h, à la demande de la juridiction spécialisée du tribunal de grande instance de Paris, responsable de la saisie effectuée à Dunkerque. Le Trudy est resté amarré pendant 9 heures au quai d’Osaka, le temps d’une inspection générale effectuée par la Gendarmerie maritime, avec plongeurs, équipes cynophiles sous protection armée.

©JVD Jeunemarine.fr

Aucune communication de la part des autorités judiciaires pour le moment. A priori, aucune nouvelle charge n’a été retenue contre le navire et son troisième équipage. Le procureur avait-il de nouveaux renseignements obtenus du premier équipage incarcéré à Paris ?? Concernant l’attaque du commando à Dunkerque, on peut être sceptique sur l’efficacité de la protection portuaire du port de Dunkerque, en particulier l’absence d’une surveillance armée du navire saisi, de la part des autorités françaises.

©JVD Jeunemarine.fr

 

©JVD

 

 

 

 

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