ArmementsInterviewJeune Marine N°265Reportage

Journées Québec France : Des dizaines de postes au Québec à pourvoir pour les Français

Les 10 et 11 décembre prochains, participation sur inscriptions ouvertes du 10 octobre au 20 novembre

Après presque trois années marquées par la pandémie, plus d’une centaine d’entreprises québécoises de tout secteur d’activité seront de retour à Paris, les 10 et 11 décembre prochains, afin de rencontrer des candidates et candidats voulant relever de nouveaux défis professionnels outre-Atlantique.

Jeune Marine est allé à la rencontre de Mariangela OLMOS-URDANETA, Coordonnatrice en acquisition de talents de la Société des Traversiers du Québec (STQ), afin d’en savoir plus et surtout vous expliquer en détail quelles sont les opportunités pour les officiers français, pour un embarquement ou toute une carrière.

Dans le cadre de cette 26e édition des Journées Québec France, organisée par le gouvernement du Québec et ses partenaires, plus de 70 postes seront offerts aux Français dans le secteur maritime. Du 10 octobre au 20 novembre, il vous sera donc possible de postuler en ligne aux offres qui vous intéressent sur la plateforme Journées Québec France.

 

Jeune Marine : Bonjour Mariangela Olmos-Urdaneta, Jeune Marine est enchanté de vous rencontrer ce jour, pouvez-vous nous dire quelques mots sur l’organisation du  secteur maritime de l’autre côté de l’Atlantique ?

Mariangela Olmos-Urdaneta © Société des traversiers du Québec
Mariangela Olmos-Urdaneta © STQ

Mariangela OLMOS-URDANETA : L’industrie maritime du Québec compte plus de 366 entreprises qui emploient plus de 27 000 personnes dans les services maritimes, les croisières et excursions. Ces deux secteurs d’activités emploient respectivement 14 % et 10 % des employés de l’industrie. Les services portuaires ainsi que les entreprises spécialisées en transport de marchandises sont les deux secteurs d’activités employant le plus grand nombre d’individus.

Jeune Marine : Pouvez-vous nous expliquer pourquoi les entreprises québécoises souhaitent recruter en France ?

Mariangela OLMOS-URDANETA : Il existe une pénurie de main-d’œuvre qui frappe le Québec et l’industrie maritime n’échappe pas à cette situation. En avril 2022, le taux de chômage pour la province était de 3,9 %, un creux historique! Pour ce qui est de l’industrie maritime, selon une étude publiée en 2020, 3 165 embauches étaient prévues jusqu’à l’horizon 2023, alors que 75 % des entreprises évoquaient des difficultés à recruter du personnel navigant.

Devant cette situation, plusieurs entreprises voient le recrutement international comme une option pour faire face aux enjeux de recrutement. C’est le cas de la Société de traversier du Québec. Nous avons participé à notre première mission de recrutement international l’année dernière et avons retenu 7 candidatures d’officiers mécaniciens qui sont actuellement à la fin de leurs processus d’immigration. Nous nous préparons à recevoir notre premier officier étranger et sa famille qui arrivent au Québec le 8 octobre prochain. Nous nous déplacerons en France, les 10 et 11 décembre prochain, lors des Journées Québec France.

Jeune Marine : Quels sont selon vous les avantages à travailler au Québec ?

Mariangela OLMOS-URDANETA : L’industrie maritime offre une grande variété des postes. Ils existent aussi des possibilités de développement professionnel et d’avancement de carrière. Aussi, l’ensemble des entreprises du secteur offrent différents avantages sociaux pour attirer et fidéliser leurs employés, et qui conviendront à différents candidats selon leurs motivations particulières.

Dans notre cas, le plus grand avantage de travailler à la STQ pour un marin est de pouvoir vivre sa passion pour le maritime et profiter au même temps d’un sain équilibre travail-vie personnel. On recrute souvent des marins qui ont une famille et qui souhaitent pouvoir équilibrer leur rôle d’officier et leurs rôles de mère, père et/ou conjoint.

La nature de notre mission nous permet d’offrir à nos officiers des horaires de travail qui vont leur permettre, dans certains cas, d’aller rejoindre leurs familles et de dormir chez eux à la fin de chaque quart de travail. Dans d’autres cas, ils peuvent travailler sur une rotation de 7 jours de travail / 7 jours de congé, ce qui est très apprécié dans le milieu maritime.

Le développement de nos employés étant au cœur de nos préoccupations, comme d’autres entreprises dans le secteur d’ailleurs, nous prenons en charge l’ensemble des frais liés à la formation et à l’obtention des brevets supérieurs de nos officiers.

Jeune Marine : La France est connue pour son régime social protecteur en termes de santé et de retraite : qu’en est-il pour les candidats à l’expatriation québécoise ?

Mariangela OLMOS-URDANETA : Au Québec, nous avons plusieurs régimes et organismes qui s’occupent d’offrir semblablement les mêmes services (régime de rentes, prestations familiales, accidents du travail et maladies professionnelles, régime d’assurance maladie, régime d’assurance hospitalisation, régime général d’assurance médicaments) pour l’ensemble de la population. On peut nommer entre autres le régime d’assurance maladie du Québec (RAMQ), le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP), la commission de normes, de l’équité, de la santé et sécurité au travail, et bien d’autres.

Des ententes de sécurité sociale ont également été conclues entre le Québec et la France qui permettent aux personnes françaises d’être couvertes par les régimes de sécurité sociale du Québec lorsqu’elles séjournent ou s’établissent dans la province.

Pour ce qui est des gens en mer, l’entente prévoit que les personnes qui travaillent à bord d’un navire sont soumises à la législation de l’État dont le navire bat pavillon. Même chose pour les personnes employées au chargement, au déchargement et à la réparation des navires ou dans des services de surveillance dans un port, où elles sont également soumises à la législation de l’État où est situé le port.

Il faut savoir qu’au Québec, il y a 2 paliers gouvernementaux, celui du Québec (La province) et celui du Canada (Le pays). Les régimes peuvent donc varier selon la juridiction où l’employé travaille, et doit se conformer aux exigences fiscales des 2 gouvernements.

Ile Verte © Société des traversiers du Québecyennes
Ile Verte © Société des traversiers du Québec

Jeune Marine : La France propose des contrats de travail de type CDD ou CDI : le système est –il similaire chez vous ? Quels types de contrats leur sont proposés ? CDI ou CDD ?

Mariangela OLMOS-URDANETA : Les contrats de travail offerts dans un premier lieu sont temporaires. (Le contrat n’est pas temporaire, ce sont les permis de travail qui sont temporaires. Par exemple la STQ offre de contrat régulier (CDI), et on accompagne les candidats dans le processus de renouvellement du permis de travail, lorsque le moment de le faire arrive). Certaines compagnies par contre fonctionnent par contrat déterminé d’une saison de navigation à l’autre pour le personnel navigant.

Les personnes recrutées dans le cadre des Journées Québec France vont bénéficier d’un contrat et d’un permis de travail valable pour deux à trois années. Ces personnes devront, durant cette période, travailler uniquement pour l’entreprise qui les a embauchés. À l’issue de cette période temporaire, dans la majorité des postes offerts dans ce secteur, la personne peut ainsi par la suite rester au Québec de manière permanente.

La notion de CDI et CDD n’existe pas véritablement au Québec. Cette absence de statut ne déstabilise pas pour autant les personnes employées, du fait du dynamisme du marché du travail.

Au contraire, la demande en main-d’œuvre des entreprises est telle que les travailleurs et travailleuses disposent d’une certaine sécurité.

Les entreprises souhaitent, sans aucun doute, fidéliser ces ressources précieuses et leur donner envie de s’installer définitivement au Québec. 

Jeune Marine : Certains officiers français ont déjà tenté l’expérience américaine au sens large, mais ont été confrontés à une incompatibilité de leurs brevets : qu’en est-il pour le Québec ?

Mariangela OLMOS-URDANETA : Pour travailler comme marin au Québec et plus globalement au Canada, il faut obtenir un brevet délivré par Transport Canada, l’équivalent des Affaires maritimes en France. Ces dernières années, des arrangements réciproques ont été signés entre le Canada et la France permettant aux marins français d’obtenir une attestation de reconnaissance de leurs brevets.

Pour que le brevet d’aptitude soit valide, il doit être un brevet en vertu des Règles II/1, II/2, II/3, III/1, III/2, III/3, IV/2, VII/2 ou un certificat d’aptitude délivré en vertu des Règles V/1-1 et V/1-2 de la convention STCW, 1978, telle que modifiée.

Jeune Marine : Comment s’obtient alors cette reconnaissance ?

Mariangela OLMOS-URDANETA : La demande de reconnaissance du brevet doit être faite par l’employeur qui parraine le candidat, sinon elle ne sera pas traitée. Le marin étranger doit aussi satisfaire aux exigences d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et d’Emploi et Développement social Canada pour travailler au Canada, y compris obtenir un permis de travail valide.

Dans notre cas, les officiers étrangers sélectionnés pour intégrer l’équipe de la STQ sont accompagnés tout le long de la démarche d’Immigration : des avocats spécialisés en dossiers d’immigration accompagnent et conseillent nos candidats dans tout le processus légal. Un conseiller en immigration leur est également assigné afin de les aider à préparer leur projet d’immigration (accompagnement dans la recherche d’emploi du conjoint, d’un logement, d’écoles/garderies, et lors de diffèrent processus administratif nécessaire dès l’arrivé au Québec). Aussi, nous parrainons nos candidats et nous prenons en charge tout le processus d’équivalence de brevet nécessaire pour pouvoir exercer leur métier sur les eux Canadiens.

 

Ile Verte © Société des traversiers du Québecyennes
Ile Verte © Société des traversiers du Québec

A propos de la STQ :

La STQ est une société d’état québécoise qui joue un important rôle de transporteur maritime en offrant à la population du Québec, de même qu’aux visiteurs, des services de traversier fiables, sécuritaires et efficaces. 

Aujourd’hui, la STQ chapeaute un important réseau de 13 services maritimes qui s’étend de Montréal à l’est du Québec, en passant par la Basse-Côte-Nord et les Îles-de-la-Madeleine. Neuf d’entre eux sont exploités grâce à nos 750 employés qui travaillent jour après jour avec excellence, rigueur et passion pour offrir plus de 95 000 traversées, transportant ainsi près de 4 millions de passagers et près de 2 millions de véhicules annuellement.

Ses 22 navires et autres embarcations sillonnent le fleuve, s’adaptent à la mouvance des marées et bravent vents, courants et conditions de glace difficiles. Leur force leur permet, chaque année, de transporter des millions de passagers et des centaines de milliers de véhicules ainsi que d’acheminer des milliers de tonnes de marchandises d’une rive à l’autre, tissant ainsi des liens indéfectibles au sein de la société québécoise.

A propos des autres entreprises Québécoises qui recrutent en France :

Retrouvez plus d’informations concernant les entreprises qui recrutent en France :

Vous souhaitez plus de renseignement ? Pour cela vous pouvez contacter Le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie maritime, CSMOIM qui est un organisme sans but lucratif qui réunit à la même table les employeurs et les travailleurs de l’industrie maritime. Il a comme mission de soutenir les employeurs et la main-d’œuvre par la mise en œuvre de projets visant le développement des ressources humaines et des compétences ainsi que la promotion des métiers et des professions liés à l’industrie maritime, en vue de contribuer à la compétitivité des entreprises et à la croissance de l’emploi dans son secteur d’activité.

Sur le site web du CSMOIM vous pouvez trouver toutes les possibilités de carrières que vous offre l’industrie maritime québécoise.  Vous pouvez aussi y trouver des renseignements sur le processus à suivre pour les marins étrangers qui souhaitent travailler au Canada.

Plusieurs renseignements sont aussi disponibles sur le microsite : metiersmaritimes.com

Embarque dans l’aventure au quotidien que représente une carrière dans l’industrie maritime et trouve le métier qui te convient! Une initiative du Comité sectoriel maritime.

La rédaction de Jeune Marine

 

 

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