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Fin de saison pour le « pêcheur d’eau »

La saison 1 de l’aventure du « pêcheur d’eau », concept de navire-usine pompant de l’eau de mer par 300 mètres de profondeur, pour la transformer en eau minérale portée par la société française Océan Fresh Water, liquidée à la suite d’un jugement expéditif du tribunal de commerce de Nanterre à l’automne 2020, va s’achever prochainement sur les plages des chantiers de démolition indiens.

Comme nous le relations cet été, le navire a quitté le port de Sète en catimini fin juillet (Départ du Deep One de Sète ), à destination de Colombo, racheté par la société HSM Shipmanagement Singapore, Le Deep One a rallié fin août la zone de mouillage au large du port de Galle au Sri Lanka, visiblement en attente de revente sur le marché des chantiers de démolition asiatiques.( Arrivée Deep One Sri Lanka )

Toutefois, la société HSM Shipmanagement Singapore, intriguée par la présence de cette usine neuve à bord du navire, a prospecté des investisseurs pour reprendre cette invention et la développer dans une région où l’eau potable devient un enjeu stratégique. C’est la société Seaeco Global Pte Ltd, créée le 17 août 2021 qui s’est portée acquéreur du navire, le rebaptisant Lotus sous pavillon gabonais début septembre 2021. Impossible de connaître qui est derrière cette nouvelle entreprise : filiale de HSM, structure juridique en relation avec un chantier de démolition, émanation d’anciens investisseurs éconduits par le tribunal de Nanterre, dont certains connaissent bien l’Afrique etc.

Après avoir souté, le navire a tenté pendant 21 jours de produire de l’eau au large du Sri Lanka. Cette société Seaeco Global Pte Ltd, immatriculée à Singapour et créée uniquement pour ce navire, s’est rapprochée sans succès, des inventeurs de cette première mondiale, ne maîtrisant visiblement pas « le mode d’emploi ». Vu son périple au sud du Sri Lanka, le Lotus a consommé environ 200 000 US$ de DO, pour ces tentatives infructueuses de production d’eau.

Le 29 septembre, le navire a été circularisé sur le marché de la démolition, et probablement acheté par l’un des chantiers de démolition indiens d’Alang, le 1er octobre. Depuis il fait route, toujours sur un moteur, vers les chalumeaux indiens.

En attendant, le port de Sète attend toujours d’être payé pour la facture laissée par Kuikawa et son sous-traitant ST Management correspondant aux frais de port de l’ODeep One d’octobre 2020 jusqu’au départ du navire le 23 juillet 2021.

Quel naufrage collectif !!! Ce projet innovant qui avait enthousiasmé les navigants à ses débuts, a échoué sous pavillon tricolore, poussé vers la sortie par la frilosité des investisseurs français, le manque de vision industrielle des décideurs, l’ignorance du monde maritime de l’Administration, le tout accentué par la pandémie arrivée au moment des phases d’essais du procédé, qui a précipité la chute de cette première mondiale…

Reste à savoir si une saison 2 est envisageable ailleurs !!!

 

Mise à jour :

Le Lotus, ex Deep One, ODeep One a été beaché le mercredi 13 octobre 2021 sur la plage d’Alang. L’aventure est définitivement terminée, malgré les bruits de coursives de certains s’imaginant une quelconque suite rocambolesque au projet. 

Lotus échoué sur la plage d’Alang le 13 octobre 2021 ©DR
Dernière ligne droite du Lotus © capture écran Marine Trafic

©JVD

 

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